Des scientifiques de la Texas A&M University viennent de faire une avancée prometteuse en neurosciences : un aérosol nasal capable d’inverser l’inflammation cérébrale liée au vieillissement. Ce développement pourrait changer la donne pour le traitement de maladies neurodégénératives comme la démence et la maladie d’Alzheimer, qui touchent de plus en plus de personnes dans le monde, en améliorant la détection précoce. Les résultats ont été publiés dans le Journal of Extracellular Vesicles et ouvrent la voie à des essais cliniques complémentaires.
Une idée nouvelle face à un problème qui monte
Le déclin cognitif lié à l’âge, souvent ressenti comme un brouillard mental, des oublis fréquents ou des difficultés de concentration, préoccupe de plus en plus. L’Organisation mondiale de la santé estime que le nombre de personnes atteintes de démence pourrait passer de 50 millions actuellement à 152 millions d’ici à 2050. Les équipes de Texas A&M visent à réduire l’inflammation cérébrale pour restaurer les fonctions cognitives et ralentir la progression de maladies comme Alzheimer.
L’Institut de Médecine Régénérative de Texas A&M, en partenariat avec le Naresh K. Vashisht College of Medicine, joue un rôle central dans ces travaux. Le Dr Ashok Shetty, directeur associé de l’institut, et son équipe, le Dr Maheedhar Kodali et Madhu Leelavathi Narayana, ont mis au point une thérapie basée sur des vésicules extracellulaires dérivées de cellules souches neurales humaines. Ces vésicules, chargées de microARN thérapeutiques, visent à modifier plusieurs voies génétiques et immunitaires dans le cerveau.
Un protocole expérimental qui tient la route
La thérapie a été testée sur des modèles animaux âgés, notamment des souris, et s’inscrit dans un contexte plus large d’innovations telles que la cryoconservation du tissu cérébral. Deux doses de l’aérosol nasal ont suffi à obtenir des effets visibles en quelques semaines. Les analyses transcriptomiques (études de l’expression des gènes) réalisées une semaine après l’administration montrent une diminution nette de l’inflammation cérébrale, ainsi qu’une restauration des fonctions mnémoniques et comportementales.
On observe aussi une restauration de la fonction mitochondriale, une baisse du stress oxydatif et une réduction marquée de l’hypertrophie des astrocytes et des agrégats microgliaux, des effets qui peuvent être exacerbés par la pollution de l’air. Des tests comportementaux ont confirmé ces changements, avec des améliorations significatives dans les tâches de reconnaissance et d’adaptation à de nouveaux environnements.
L’un des grands avantages de cette innovation, c’est la voie d’administration intranasale. Comme le souligne le Dr Maheedhar Kodali, cette méthode permet de contourner la barrière hémato-encéphalique pour atteindre directement les tissus cérébraux affectés, sans recourir à des procédures invasives. Le Dr Ashok Shetty ajoute, avec optimisme, qu’un simple aérosol nasal en deux doses pourrait un jour remplacer des interventions plus complexes et invasives.
Les applications potentielles sont larges : au-delà du ralentissement ou de l’inversion du vieillissement cognitif, ce traitement pourrait servir à la réhabilitation cérébrale après un AVC. Les projections des CDC anticipant une multiplication des cas de démence d’ici 2060 donnent à ces avancées une portée particulièrement encourageante.







