L’astronaute allemand Alexander Gerst avance une idée fascinante : certains mystères scientifiques autour de maladies dévastatrices comme Alzheimer et le cancer pourraient mieux se dévoiler à bord de l’ISS. Il tire cette réflexion de ses expériences sur la Station spatiale internationale, où il a mené deux missions totalisant 363 jours. Dans un entretien publié à Francfort par fr.de le 16 avril 2026, Gerst insiste sur l’importance de la microgravité (apesanteur) pour faire progresser la science.
Ce que la microgravité change dans la recherche
L’ISS, à 400 kilomètres au-dessus de la Terre, est un laboratoire en apesanteur qui permet des expériences impossibles à réaliser au sol. Gerst le résume ainsi : « Ce que nous faisons sur l’ISS, c’est de la science importante pour nous sur la Terre. »
Cette station, de la taille d’un terrain de football, sert à étudier la science des matériaux, la biologie et la médecine. Gerst a participé à plus de 500 expériences de l’ESA, auxquelles l’Allemagne a contribué à 200 reprises.
En microgravité, les liquides se comportent différemment, ce qui aide à mieux trier certains composants liquides. Côté matériaux, on peut les chauffer jusqu’à 1 400 °C pour fabriquer des éléments plus légers et plus stables. Et pour la recherche sur les flammes, une flamme sphérique permet d’imaginer des moteurs plus économes. Ces avancées montrent à quel point la microgravité fait avancer l’innovation scientifique.
Comment on comprend mieux les maladies humaines
La cristallographie des protéines est un autre domaine prometteur : en apesanteur, on obtient des cristaux protéiques plus élaborés, ce qui facilite la mise au point de médicaments. Sur les maladies : Alzheimer, Parkinson, les maladies immunitaires, le cancer et l’ostéoporose, l’ISS joue un rôle fondamental.
Gerst explique que des modèles tumoraux en 3D créés en microgravité permettent des tests médicamenteux plus proches de la réalité, ce qui fait progresser la recherche médicale, tout comme la cryoconservation du tissu cérébral pourrait ouvrir de nouvelles perspectives. Il ajoute : « Nous n’y faisons pas seulement de la recherche pour aller plus loin dans l’espace. Mais dans la plupart des expériences, il s’agit de mieux comprendre la vie ici-bas sur la Terre. »







