CPF : des milliers de formations bientôt plafonnées, ce que ça change pour vous

Le gouvernement envisage de plafonner le CPF à 1 600 euros pour certaines formations, risquant ainsi d’exclure de nombreux actifs.

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CPF : des milliers de formations bientôt plafonnées, ce que ça change pour vous
CPF : des milliers de formations bientôt plafonnées, ce que ça change pour vous © Social Mag

La rumeur d’un plafond sur l’utilisation du Compte personnel de formation (CPF) a fait parler d’elle ces derniers temps chez les actifs en France. Portée par la Loi de finances 2026, la mesure veut mieux maîtriser les dépenses liées au CPF afin de réduire les sommes versées par les Finances publiques. Alors que le sujet prend de l’ampleur, beaucoup se demandent quelles seront les conséquences de cette réforme sur les bénéficiaires dont les droits sont mobilisables pour certaines formations.

Un dispositif qui se resserre

Le gouvernement prépare l’instauration d’un plafond sur les droits mobilisables du CPF pour certaines formations. Le montant précis n’est pas encore confirmé, mais plusieurs sources évoquent un ordre de grandeur autour de 1 600 euros. La mesure devrait être officiellement fixée par décret et s’inscrit dans une logique de réforme du cumul des dépenses publiques liées au dispositif.

L’idée derrière la mesure est de limiter les frais générés par les formations inscrites au Répertoire spécifique (RS), comme les formations en langues étrangères ou en bureautique. Pour illustrer, franceinfo présente Gabriel : il a 5 000 euros sur son CPF et veut suivre une formation d’anglais à 2 600 euros. Avec ce plafonnement, Gabriel pourrait devoir compléter la somme de sa poche, sauf s’il obtient un co-financement.

Qui est concerné (et qui ne l’est pas)

Le plafonnement visera principalement des formations du Répertoire spécifique [RS] : langues étrangères, bureautique, gestion de projet, etc. Les bilans de compétences et l’obtention du permis de conduire léger pour certains publics seront aussi concernés. En revanche, plusieurs dispositifs devraient être exemptés, notamment la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) et le certificat Cléa, selon des sources informées.

Les formations figurant au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), souvent liées à des reconversions professionnelles longues, ne seront pas touchées par cette retraite progressive.

Des restrictions supplémentaires sont prévues pour le financement du permis de conduire : le CPF pourra encore le financer partiellement pour les demandeurs d’emploi et pour des salariés bénéficiant de co-financements, mais le montant pris en charge sera limité à 900 euros, sauf exceptions pour les permis poids lourds.

Quelles conséquences sociales et économiques

Ce changement risque de transformer l’usage du CPF et de modifier sa philosophie initiale, soulignant l’importance de la planification financière. Le ticket modérateur existant pourrait aussi être relevé, passant de 103,20 euros à 150 euros. La mesure permettrait de réaliser 250 millions d’euros d’économies, une réponse claire à une logique budgétaire, mais qui pourrait restreindre l’accès à la formation pour certains publics modestes.

Selon Deborah Guillotin, cela pourrait favoriser une hausse de la part de participants issus de milieux plus aisés dans les formations en langues, au détriment de la diversité actuelle des bénéficiaires du CPF. Plus largement, les réformes évoquées suscitent des inquiétudes sur une possible exclusion des publics les plus vulnérables : familles monoparentales, micro-entrepreneurs, chômeurs.

Orianne Ledroit a exprimé sa crainte que ces restrictions puissent aussi limiter l’accès aux compétences numériques et aux intelligences artificielles, compétences nécessaires à l’heure du numérique.

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