46 % des musulmans de France envisageraient de partir si Marine Le Pen était élue : « on ne veut pas attendre pour le regretter »

Près d’un musulman sur deux songerait à quitter la France en cas de victoire de Marine Le Pen. Voile, laïcité, désobéissance civile : ce sondage Ifop révèle des fractures générationnelles saisissantes à quelques mois de 2027.

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46 % des musulmans de France envisageraient de partir si Marine Le Pen était élue : « on ne veut pas attendre pour le regretter »
46 % des musulmans de France envisageraient de partir si Marine Le Pen était élue : « on ne veut pas attendre pour le regretter » © Social Mag

Près d’un Français musulman sur deux dit envisager de quitter la France si Marine Le Pen accédait à l’Élysée en 2027. C’est l’un des chiffres marquants d’un sondage Ifop pour le magazine Marianne, publié le jeudi 15 octobre 2026. Selon cette enquête, 46 % des personnes de confession musulmane interrogées et 44 % des personnes de confession juive envisagent un départ advenant une victoire du Rassemblement national.

Le détail de ces intentions affine le tableau. Parmi les musulmans sondés, 21 % répondent qu’ils quitteraient la France certainement ou probablement, 30 % envisagent plutôt d’inciter leurs enfants à partir étudier ou travailler ailleurs, et 17 % songent à entreprendre des démarches pour obtenir ou faire valoir une autre nationalité. Trois réponses différentes, trois degrés d’anticipation d’un même scénario électoral.

Musulmans redoutent une hausse des discriminations

La crainte dépasse la seule question du départ. Deux Français sur trois redoutent une augmentation des agressions et des discriminations visant les croyants en cas d’alternance au profit du RN. Cette proportion grimpe à 80 % chez les musulmans interrogés, un niveau nettement supérieur à la moyenne nationale.

Le sondage relève toutefois une nuance à l’intérieur même de cette population : 27 % des musulmans sondés se disent favorables à une limitation du port de signes religieux ostensibles dans l’espace public, hijab compris. La crainte d’une stigmatisation collective coexiste donc, chez une minorité significative, avec une adhésion à certaines restrictions.

Désobéissance civile : 41 % des Français prêts à y recourir

L’enquête mesure aussi la défiance à l’égard des règles établies. 41 % des Français jugent la désobéissance civile légitime comme forme d’action, un chiffre qui bondit à 75 % chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon. Côté administration, 45 % des fonctionnaires interrogés se disent prêts à refuser d’appliquer des lois qu’ils estimeraient injustes.

La mobilisation collective suit la même logique. 38 % des Français envisagent de participer à une grève générale organisée par les syndicats en cas de victoire de Marine Le Pen, et 36 % à des manifestations. 41 % des sondés déclarent qu’ils refuseraient purement et simplement de respecter des lois qu’ils jugeraient injustes.

Interrogés sur le candidat qui « constitue le plus un danger pour la laïcité », les sondés désignent en premier lieu Jean-Luc Mélenchon, à 43 %, devant Marine Le Pen, à 35 %. 17 % estiment qu’aucun des deux ne représente une telle menace.

Ce classement intervient alors qu’un autre sondage, intitulé « Sondage : 2nd tour Le Pen-Mélenchon dans tous les cas de figure », envisage un second tour opposant justement Le Pen et Mélenchon.

Sur le voile dans la rue, l’opinion a nettement évolué. 53 % des Français s’y opposent en 2026, en baisse de dix points par rapport à 2012, contre 22 % qui s’y disent favorables. Le basculement générationnel est frappant : chez les 18-24 ans, 62 % approuvent désormais la possibilité pour les musulmanes de porter le voile dans la rue, contre seulement 14 % en 2012. Dans la même tranche d’âge, 13 % seulement s’y opposent en 2026, contre 54 %.

Cette évolution éclaire la réception de la proposition formulée par Marine Le Pen en août 2026 : un référendum pour interdire le port du voile islamique dans l’espace public. Approuvée par 60 % des Français au global, l’idée ne convainc que 34 % des moins de 25 ans.

Même clivage sur les autres propositions testées : l’interdiction des abayas à l’école recueille 75 % de soutien national contre 45 % chez les jeunes, et l’interdiction du voile pour les filles de moins de 15 ans dans l’espace public obtient 72 % d’approbation globale contre 41 % chez les 18-24 ans.

Le sondage Ifop-Marianne est publié dans un climat marqué par la hausse des prix de l’énergie et des mobilisations étudiantes, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.

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