Le 28 septembre 2026, Maricarmen Abascal, âgée de 87 ans, a été expulsée de son appartement où elle vivait depuis 70 ans. En réponse, le gouvernement espagnol a décidé d’interdire toutes les expulsions locatives jusqu’en 2030, une décision parmi les plus radicales en Europe. L’histoire de Maricarmen, bien que personnelle, symbolise une crise sociale plus vaste, soulignant l’importance du droit au logement.
Maricarmen : symbole d’une lutte nationale pour le logement
Une vie chamboulée par la spéculation immobilière
Maricarmen Abascal a passé sept décennies dans le même appartement à Madrid. Cependant, le rachat de l’immeuble par une société immobilière a entraîné son expulsion. Son histoire a suscité une forte réaction nationale, amplifiée par les réseaux sociaux qui ont transformé ce drame personnel en symbole d’une injustice plus large. Face à la pression croissante, le gouvernement de Pedro Sánchez a dû agir.
Mobilisation à la Puerta del Sol pour défendre le droit au logement
Depuis le 27 septembre, environ 100 manifestants occupent pacifiquement la Puerta del Sol à Madrid, réclamant le droit au logement pour tous. Cette occupation critique la financiarisation du marché immobilier. L’expulsion de Maricarmen incarne cette colère collective, incitant le gouvernement à adopter le « décret Maricarmen » en son honneur.
Les bénéficiaires de la suspension des expulsions
Protection des aînés et des familles monoparentales
Les nouvelles mesures visent principalement les plus vulnérables, comme les personnes âgées et les familles monoparentales. En août 2026, le loyer moyen en Espagne a atteint 15,1 euros par mètre carré, doublant presque par rapport à 2016, menaçant les retraités et les familles dirigées par des femmes. La suspension des expulsions locatives jusqu’en 2030 leur offre un répit crucial.
Une stabilisation du marché locatif
Le « décret Maricarmen » interdit toute expulsion de logement jusqu’en 2030, quelles que soient les raisons. Félix Bolaños, ministre espagnol, a salué cette mesure qui protège les locataires et freine les rachats spéculatifs d’immeubles. Cette initiative vise à stabiliser le marché immobilier en garantissant la sécurité des locataires.
Renouvellement automatique des baux
En parallèle, le gouvernement impose le renouvellement automatique des contrats de location, éliminant ainsi l’incertitude et les négociations tendues à chaque échéance. Cela renforce la stabilité résidentielle en empêchant les augmentations de loyer abusives.
Les défis pour les propriétaires
Petits propriétaires : besoin de clarification
Le gouvernement espagnol assure que les petits propriétaires ne sont pas visés par ces mesures, qui ciblent les spéculateurs. Toutefois, la suspension des expulsions soulève des préoccupations quant à la protection des propriétaires en cas de loyers impayés. Le Parlement doit encore voter ce texte, et les modalités d’application restent à préciser.
Impact sur les fonds d’investissement
Le « décret Maricarmen » interdit aux fonds d’investissement d’acheter des logements, freinant ainsi leur modèle spéculatif. Accusés d’aggraver la crise du logement, ces fonds devront désormais réorienter leurs activités vers des projets ayant un impact social positif.
Vers une régulation sociale du marché immobilier
Reconnaître le logement comme un droit humain
Le « décret Maricarmen » affirme que le logement est un droit humain fondamental, non une simple marchandise. L’Espagne, en suspendant les expulsions locatives jusqu’en 2030, vise à prioriser la protection des personnes sur les profits. Les mesures incluent aussi un encadrement des locations saisonnières pour éviter la conversion excessive de logements en hébergements touristiques.
Responsabilité sociale des entreprises immobilières
Les entreprises du secteur immobilier doivent désormais intégrer la responsabilité sociale dans leurs pratiques. L’absence de régulation a conduit à des crises sociales, et les acteurs du marché sont encouragés à développer des projets bénéfiques socialement, comme la construction de logements abordables. L’exemple espagnol pourrait influencer d’autres pays à adopter des régulations similaires.
