« Il n’était pas à Munich ce jour-là » : des documents inédits détruisent l’alibi d’Hitler dans la mort de sa nièce Geli Raubal

Et si l’alibi d’Hitler n’était qu’un mensonge minutieusement construit ? Trois documents inédits bousculent la version officielle sur la mort mystérieuse de sa nièce Geli Raubal, restée sans autopsie.

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« Il n'était pas à Munich ce jour-là » : des documents inédits détruisent l'alibi d'Hitler dans la mort de sa nièce Geli Raubal
« Il n’était pas à Munich ce jour-là » : des documents inédits détruisent l’alibi d’Hitler dans la mort de sa nièce Geli Raubal © Social Mag

Le 18 septembre 1931, Adolf Hitler se trouvait encore à Munich. C’est ce qu’affirme le chercheur allemand Harald Sandner, spécialiste du dictateur, sur la foi de trois documents inédits exhumés dans les archives municipales et nationales de la ville. Selon lui, Hitler aurait même participé ce jour-là à une manifestation du NSDAP, avant de partir pour Nuremberg dans l’après-midi seulement.

Or c’est précisément ce même matin que le corps de sa nièce, Geli Raubal, a été découvert dans son appartement munichois.

Cette chronologie contredit frontalement la version officielle, selon laquelle Hitler avait déjà quitté Munich l’après-midi du 18 septembre, soit la veille de la découverte du corps. L’enquête, révélée par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, s’appuie sur deux faire-part et une inscription de décès retrouvés à l’état civil.

Un rapport de police rédigé jours après les faits

Geli Raubal avait 23 ans. Elle vivait depuis plusieurs années à Munich chez son oncle, dont elle partageait l’appartement. Le domestique d’Hitler avait découvert sa dépouille, et la version officielle a toujours parlé d’un suicide par balle. Aucune autopsie n’a été pratiquée sur le corps, un détail que Harald Sandner considère comme un indice possible de dissimulation.

La chronologie défendue depuis des décennies reposait en grande partie sur un rapport de la police allemande daté du 28 septembre 1931, soit une dizaine de jours après la mort de la jeune femme. Un délai que les nouveaux documents viennent interroger.

À l’époque déjà, la presse et les adversaires politiques du parti nazi, alors en pleine ascension, avaient mis en doute la thèse du suicide. Le Münchner Post, proche du parti, avait rapporté une violente dispute entre l’oncle et la nièce, des blessures constatées sur le corps de cette dernière, ainsi que des réunions de crise tenues au siège du NSDAP pour décider de la manière de présenter l’affaire au public.

D’autres journaux étaient allés plus loin, suggérant qu’Hitler aurait lui-même tué sa nièce, ou l’aurait fait tuer, pour garder le contrôle sur ses agissements. La dispute évoquée aurait porté sur le refus d’Hitler de la laisser partir vivre à Vienne, où elle espérait poursuivre une formation de chanteuse.

Harald Sandner reste prudent sur la portée de sa découverte. Les trois documents renforcent les soupçons, dit-il, mais n’apportent aucune preuve de manipulation.

L’historien Thomas Weber, cité par Der Spiegel, replace l’épisode dans la stratégie d’image que construisait alors Hitler, en marche vers le pouvoir. Il voulait se présenter comme « l’incarnation de toutes les vertus et de toutes les valeurs », rappelle l’historien. Un soupçon d’implication dans la mort de sa nièce aurait écorné cette image publique.

Le rapport de police du 28 septembre 1931 demeure, pour l’heure, le principal document sur lequel s’appuyait la version officielle des faits.

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