Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a affirmé, lundi 24 août 2026, que son pays pourrait envoyer prochainement sa demande officielle d’adhésion à l’Union européenne, rapporte le 20 Minutes. Cette déclaration a été faite devant le Parlement arménien.
Pachinian n’a précisé aucune date pour le dépôt effectif de cette candidature. Il a toutefois posé une condition de méthode : avant tout référendum, l’Arménie doit d’abord franchir l’étape de la candidature. « L’Arménie doit d’abord déposer sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’agissait d’évaluer le réalisme d’une adhésion avant de consulter la population.
Cette formule inverse l’ordre exigé par Moscou. En mai 2026, les présidents russe, bélarusse, kazakh et kirghiz avaient demandé que l’Arménie tranche directement par référendum entre une adhésion à l’Union européenne et son maintien dans l’Union économique eurasiatique, jugeant les options incompatibles. Pour Pachinian, un vote populaire n’aurait de sens qu’une fois la candidature déposée et ses conditions concrètement connues.
L’Arménie, ex-république soviétique du Caucase, occupe une position frontalière avec l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie et l’Iran, aux portes de la Russie. Moscou la considère comme faisant partie de son pré carré et voit d’un très mauvais œil ce virage vers Bruxelles.
Les tensions ont déjà des conséquences économiques. La Russie a pris des sanctions contre Erevan, dont une interdiction d’importation de produits agricoles arméniens, un marché pour lequel elle reste un débouché clé.
L’Arménie et la Russie restent techniquement alliées. Mais Erevan reproche à Moscou de ne pas l’avoir soutenue lors de la guerre contre l’Azerbaïdjan en 2023, un grief qui pèse sur la relation bilatérale.
L’Arménie a suspendu sa participation à un pacte de sécurité régional avec la Russie. Pachinian a même affirmé qu’il serait « satisfait » si son pays finissait par en être exclu, ce qui le libérerait, selon ses mots, « du dilemme de le quitter ou pas ».
Erevan se tourne désormais vers l’Union européenne et les États-Unis pour obtenir de nouveaux appuis diplomatiques.





