Cafom reprend les marques Brandt, mais pas les emplois : 700 salariés laissés sans solution

La reprise des marques Brandt par le groupe Cafom met un terme à plusieurs mois d’incertitude autour du fabricant d’électroménager. Si les noms historiques de l’entreprise vont survivre, la décision judiciaire laisse sur le carreau des centaines de salariés et symbolise une nouvelle étape dans l’érosion de l’emploi industriel.

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Cafom Reprend Les Marques Brandt Mais Pas Les Emplois 700 Salaries Laisses Sans Solution
Cafom reprend les marques Brandt, mais pas les emplois : 700 salariés laissés sans solution © Social Mag

Cafom reprend Brandt sans reprendre les salariés

Le 14 mars 2026, la justice commerciale a tranché : le groupe Cafom reprend les marques et les stocks de l’ancien groupe Brandt. Cette décision met fin à la procédure de liquidation judiciaire ouverte fin 2025 après plusieurs années de difficultés financières.

La reprise concerne un portefeuille de marques emblématiques de l’électroménager français. Brandt, De Dietrich, Sauter et Vedette font partie des actifs transférés, tout comme les brevets, les noms de domaine et les stocks d’appareils déjà produits.

Cependant, cette reprise reste strictement commerciale. Elle ne concerne ni les sites industriels ni les salariés. En pratique, l’offre retenue par le tribunal ne prévoit aucune relance immédiate des usines du groupe.

Pour les employés, la décision signifie la disparition de centaines d’emplois. Les différents sites industriels du groupe étaient encore en activité au moment de la procédure. La liquidation se traduit désormais par la suppression d’environ 700 postes liés à l’activité industrielle de Brandt.

Une reprise qui met fin à l’espoir d’une relance industrielle

Durant les mois précédant la décision judiciaire, plusieurs scénarios de reprise avaient été étudiés. La procédure avait suscité un certain intérêt du marché. Au total, 36 offres avaient été déposées pour reprendre tout ou partie des activités du groupe. Parmi ces propositions figuraient des projets industriels susceptibles de maintenir une partie de la production.

Mais aucun de ces projets n’a finalement été retenu. Les administrateurs judiciaires ont privilégié l’offre de Cafom, centrée sur la valorisation commerciale des marques et des stocks existants.

Pour les salariés, cette orientation signifie la disparition définitive de l’activité industrielle telle qu’elle existait jusqu’à présent. La décision a suscité une forte inquiétude parmi les équipes. « C’est la pire décision qu’il pouvait y avoir pour moi », témoignait un salarié interrogé par TF1 Info le 15 mars 2026.

Cafom veut exploiter les marques et relancer certaines productions

Cafom n’est pas un industriel mais un distributeur spécialisé dans l’équipement de la maison. Le groupe est notamment connu pour ses activités dans la vente de meubles et d’électroménager, ainsi que pour plusieurs plateformes de commerce en ligne.

L’entreprise affiche une activité en progression. Son chiffre d’affaires trimestriel a atteint 123,7 millions d’euros au premier trimestre de l’exercice 2025-2026, en hausse de 5 %, selon des données publiées en février 2026.

Dans ce contexte, l’acquisition des marques Brandt représente avant tout une opportunité commerciale. Ces labels restent bien identifiés par les consommateurs français, malgré les difficultés industrielles du groupe.

Cafom affirme néanmoins vouloir redonner une dimension industrielle à certaines gammes de produits. L’entreprise envisage de fabriquer de nouveaux appareils sous les marques De Dietrich et Sauter en s’appuyant sur des partenaires industriels.

Cette perspective pourrait permettre de recréer une production localisée en France pour certains équipements. Toutefois, aucune reprise directe des anciens sites de Brandt n’est prévue à ce stade.

Brandt, illustration des transformations de l’emploi industriel

La disparition de l’activité industrielle de Brandt s’inscrit dans une tendance plus large qui touche l’industrie européenne de l’électroménager. Au moment de sa liquidation, l’entreprise accumulait environ 200 millions d’euros de dettes.

Face à la concurrence internationale, de nombreux fabricants européens ont progressivement perdu des parts de marché. Les groupes asiatiques dominent désormais le secteur grâce à des coûts de production plus faibles et à des capacités industrielles bien supérieures.

Dans ce contexte, les marques historiques survivent parfois indépendamment de leurs usines. Elles deviennent des actifs commerciaux exploités par des distributeurs ou par des fabricants tiers. Le cas de Brandt illustre cette évolution. L’entreprise a longtemps représenté un pilier de l’industrie électroménagère française. Aujourd’hui, son héritage se limite essentiellement à ses marques et à leur valeur commerciale.

Pour les salariés, l’enjeu est désormais celui de la reconversion. La liquidation ouvre une période de reclassement et d’accompagnement vers d’autres secteurs d’activité. La reprise par Cafom assure donc la survie d’un nom historique du secteur. Mais elle confirme également la difficulté croissante de préserver l’emploi industriel dans une industrie fortement mondialisée.

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