Le géant sud-coréen Samsung Electronics a enregistré un bond spectaculaire de 750 % de son bénéfice d’exploitation au premier trimestre, sur un an. Cette envolée est largement attribuée à l’essor mondial de l’intelligence artificielle, qui fait grimper la demande en puces mémoire destinées aux centres de données. En parallèle, des tensions sociales internes ont émergé, mais un accord signé in extremis a permis de les désamorcer.
Accord avec les syndicats et nouveau régime de primes chez Samsung
Pour éviter une menace de grève massive dans sa division de semi‑conducteurs (la branche qui produit les puces mémoire), Samsung Electronics a conclu un compromis avec sa confédération syndicale. Un nouveau régime de primes a été mis en place pour environ 78 000 employés de la division, sur les 125 000 que compte l’entreprise en Corée du Sud.
Selon BFMTV, ce système, prévu sur 10 ans, inclut un versement annuel de 10,5 % du bénéfice d’exploitation du département en actions et 1,5 % supplémentaire en espèces. Le versement est lié à des objectifs de performance ambitieux.
La teneur de l’accord a été soumise à un vote électronique ouvert un vendredi et clos le 27 mai : environ 73 % des employés syndiqués participants ont approuvé la proposition. Outre les primes, l’accord prévoit une augmentation moyenne de 6,2 % des salaires de base.
Où en est Samsung sur le plan financier ?
Samsung reste un acteur dominant de l’économie sud‑coréenne. Sa capitalisation boursière, estimée à 920 milliards d’euros début mai, représente 12,5 % du PIB du pays. Les puces mémoire représentent 35 % des exportations nationales.
Le cours de l’action de Samsung a flambé de 500 % sur un an, signe d’une confiance renforcée des investisseurs. Dans le même temps, SK Hynix, autre poids lourd des mémoires, a vu son action bondir de 10 % pendant les échanges, soutenue par ses liens avec Nvidia. L’an dernier, SK Hynix avait versé à ses employés des primes trois fois supérieures à celles de Samsung.
Réactions et répercussions sociales
L’accord conclu chez Samsung a déclenché une vague de revendications syndicales dans plusieurs secteurs : biotechnologie, automobile, informatique et construction navale. Au sein même du groupe, des salariés de divisions comme Samsung Display, SDI et Electro‑Mechanics se sont montrés mécontents des différences de traitement.
Sur le plan politique, des acteurs comme Kim Yong‑beom ont proposé que les revenus générés par l’IA servent de « dividende national » pour financer des mesures sociales, par exemple un revenu de base ou des pensions, des idées qui ont été nuancées par le gouvernement.
