Cancer du poumon : le sucre pourrait accélérer la tumeur

Le cancer du poumon demeure l’un des diagnostics les plus redoutés au monde. Or, tandis que le tabac concentre l’attention depuis des décennies, une nouvelle étude suggère qu’un mécanisme métabolique lié au sucre pourrait accélérer la progression d’un type fréquent de cancer du poumon, sans que l’on y prête réellement attention.

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Cancer du poumon : le sucre pourrait accélérer la tumeur | Social Mag

Le 12 février 2026, plusieurs médias français ont relayé les résultats d’une étude publiée dans la revue scientifique Nature Metabolism, mettant en lumière un facteur métabolique susceptible d’aggraver le cancer du poumon. Cette recherche, menée notamment par des équipes de l’University of Florida, établit un lien entre l’accumulation de glycogène, une forme de stockage du sucre, et la progression de l’adénocarcinome pulmonaire, l’un des types les plus répandus de cancer du poumon.

Cancer du poumon : le glycogène, carburant insoupçonné des tumeurs

Le cancer du poumon ne se résume pas à une maladie unique. En effet, l’adénocarcinome pulmonaire représente environ 40 % des cancers du poumon dans le monde. Ce sous-type de cancer du poumon se développe à partir des cellules glandulaires du tissu pulmonaire. Or, d’après les chercheurs, il présente une caractéristique métabolique particulière, une accumulation importante de glycogène, molécule issue du glucose, donc du sucre.

Dans l’article scientifique intitulé « Glycogen drives tumour initiation and progression in lung adenocarcinoma », publié le 11 mars 2025 dans Nature Metabolism, les auteurs décrivent comment cette réserve énergétique favorise l’initiation et la progression tumorales. Ramon Sun, professeur associé et co-auteur de l’étude, explique, dans des propos rapportés par Pourquoi Docteur : « Plus les cellules cancéreuses contiennent de glycogène, plus la tumeur se développe et plus elle progresse ». Dans ce cancer du poumon, le sucre stocké sous forme de glycogène agit comme un véritable accélérateur biologique, et non comme un simple témoin passif.

Cancer du poumon et sucre : le rôle d’une alimentation occidentale

Le cancer du poumon n’est donc pas uniquement influencé par des facteurs génétiques ou environnementaux classiques. En effet, les travaux relayés par Futura-Sciences en février 2026 montrent que, chez des modèles animaux nourris avec un régime dit « occidental », riche en graisses et en sucre, les niveaux de glycogène augmentent dans les tumeurs pulmonaires. Cette élévation s’accompagne d’une croissance tumorale plus rapide. Ainsi, le mode de vie moderne pourrait, indirectement, moduler l’évolution de certains cancers du poumon.

Cependant, il ne s’agit pas d’un simple raccourci nutritionnel. Ramon Sun précise : « Cette molécule de stockage, composée de glucose (un sucre simple), s’accumule en grande quantité dans divers cancers et autres maladies ». Par conséquent, le sucre n’est pas présenté comme une cause unique du cancer du poumon, mais plutôt comme un facteur métabolique susceptible d’aggraver la maladie lorsque les cellules tumorales exploitent intensivement ces réserves énergétiques.

Cancer du poumon : cibler le métabolisme pour freiner la progression

Le cancer du poumon pourrait toutefois révéler une vulnérabilité thérapeutique inattendue. En effet, les chercheurs ont observé que lorsque la synthèse de glycogène est réduite, notamment par l’ablation génétique de la glycogène synthase dans leurs modèles expérimentaux, la progression tumorale ralentit. Ainsi, en diminuant la capacité des cellules de cancer du poumon à stocker le sucre, la croissance des tumeurs semble freinée. Par ailleurs, les scientifiques ont eu recours à des technologies avancées de métabolomique spatiale afin de cartographier précisément l’accumulation de glycogène au sein des tissus tumoraux.

Cette approche permet de visualiser, avec une grande résolution, la répartition des métabolites dans le cancer du poumon. Dès lors, le métabolisme du sucre apparaît comme un axe stratégique potentiel. Néanmoins, les auteurs ne suggèrent pas qu’un simple changement alimentaire suffise à traiter un cancer du poumon ; ils évoquent plutôt la possibilité, à long terme, de développer des thérapies ciblant les voies métaboliques impliquées.

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