À l’heure où les débats sur les aides sociales sont vifs, une question revient souvent : qui, entre des foyers vivant uniquement d’aides sociales et des foyers touchant un salaire au Smic, s’en sort le mieux chaque mois ? Autour des tables familiales et sur les réseaux sociaux, on trouve souvent des tableaux comparatifs parfois biaisés. Une étude menée par la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees) apporte des chiffres précis et rappelle que, financièrement, le travail reste plus avantageux.
L’étude et les chiffres qui font parler
La publication du rapport 2025 par la Drees, relayé par le magazine Mode et Travaux, jette un éclairage neuf sur le sujet. Sous la houlette de cet organisme, l’étude compare le revenu disponible mensuel de deux situations identiques en termes de composition familiale : un foyer sans emploi vivant d’aides et un foyer bénéficiant d’un salaire au Smic à temps plein. Le revenu disponible prend en compte le salaire net, les aides de la CAF (dont le RSA — Revenu de solidarité active), les allocations familiales, et d’autres prestations comme la prime d’activité.
En s’appuyant sur ces chiffres, le rapport affirme qu’un foyer qui travaille doit nécessairement gagner plus qu’un foyer vivant d’aides sociales, en tenant compte du seuil de satiété.
Comment l’étude a été menée
La méthodologie compare directement les revenus mensuels de profils similaires. Chaque profil est analysé en détail, avec le détail des prestations reçues (notamment les allocations logement et la prime de Noël).
Pour une personne seule sans activité, les prestations sociales s’élèvent à environ 873 € par mois, contre un revenu d’environ 1 673 € si cette même personne travaille au Smic, surtout après la revalorisation du SMIC.
Pour les familles, l’écart se creuse. Un parent célibataire avec un enfant touche 1 370 € sans emploi contre 2 173 € avec un travail au Smic. Pour un couple avec deux enfants, c’est 1 732 € pour un foyer sans emploi contre 2 547 € si l’un des parents travaille au Smic.
Résultats selon les profils
Ces profils montrent que, malgré les aides, le revenu global reste supérieur avec un emploi au Smic. Même dans des cas limites comme par exemple dans certains territoires où les aides peuvent être importantes, ou en situation de très faibles temps partiels, la prime d’activité joue un rôle déterminant. Elle permet de soutenir les bas salaires et d’éviter qu’une reprise d’emploi soit financièrement désavantageuse par rapport à l’assistance sociale.

