L’Insee vient de sortir une étude intéressante qui se penche sur le revenu qu’il faut pour être heureux en France. Relayée par Le Journal du Net, cette recherche met en avant des chiffres précis sur le « seuil de satiété ». Ce sujet touche aussi bien à la qualité de vie des citoyens qu’aux stratégies économiques.
Le seuil du bonheur en France
D’après l’étude publiée par l’Insee le 10 juin 2024, pour atteindre ce seuil en France, il faut disposer d’un revenu annuel de 30 000 euros, soit environ 2 500 euros par mois pour chaque unité de consommation (UC) .
Pour mettre cela en perspective, ce seuil varie nettement d’un pays à l’autre. Par exemple, en Allemagne, on est à 40 000 euros, au Royaume-Uni à 45 000 euros, en Australie à 60 000 euros et aux États-Unis à 80 000 euros. Ces différences viennent des diverses manières d’organiser l’aide sociale et les services publics dans chaque pays.
Le revenu adapté à chaque foyer
L’Insee détaille aussi comment calculer les UC : un adulte correspond à 1 UC, un second adulte à 0,5 UC, chaque enfant de moins de 14 ans à 0,3 UC et les jeunes de 14 ans et plus à 0,5 UC. Par exemple, pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans, il faudrait environ 63 000 euros de revenu disponible par an. Pour un foyer avec deux ados, ce montant passe à 75 000 euros. Ces chiffres montrent bien que la structure familiale a un impact direct sur les ressources nécessaires.
Les seuils dans différents domaines
L’étude pointe aussi des seuils différents selon les aspects qui influencent le bien-être, ce qui est crucial pour les retraités modestes. Pour les loisirs, un revenu annuel de 27 000 euros suffit ; pour la santé, il grimpe à 35 000 euros ; et pour qu’on se sente moins en insécurité, un revenu de 21 000 euros est jugé suffisant. Cependant, concernant le logement, aucun seuil fixe n’a pu être établi, car la satisfaction tend à augmenter à mesure que le revenu augmente.
Il est également intéressant de noter qu’au niveau de la solitude et du pessimisme, ces sentiments diminuent quand le revenu se situe entre 30 000 et 40 000 euros, mais l’inflation menace ce pouvoir d’achat.
Les différences selon l’âge et le lieu
Les niveaux de revenu varient aussi selon l’âge et où l’on vit, ce qui est crucial pour une retraite confortable. Les jeunes de 16 à 29 ans trouveraient leur « sweet spot » autour de 28 480 euros, tandis que pour ceux de 55 à 66 ans, il se situerait à environ 32 000 euros, et les retraités à 33 292 euros.
Géographiquement parlant, les habitants de petites villes se satisfont d’un seuil fixé à 26 059 euros, alors que ceux vivant en Île-de-France, notamment en région parisienne, en ont besoin pour atteindre 31 950 euros, illustrant les disparités géographiques.
Cette étude ouvre le débat sur le lien entre l’argent et notre bien-être au quotidien. Elle encourage chacun à y réfléchir, tout en offrant aux décideurs des pistes pour repenser les politiques publiques et économiques en vue d’améliorer la vie de tous.
