Fini le changement d’heure : un pays européen tranche définitivement alors que 14 autres envisagent de faire pareil

Votée en 2024, une loi ukrainienne devait mettre fin aux changements d’heure. Deux ans plus tard, il manque toujours une simple signature. Pourquoi ce blocage inattendu persiste-t-il, en pleine guerre contre la Russie ?

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Fini le changement d'heure : un pays européen tranche définitivement alors que 14 autres envisagent de faire pareil
Fini le changement d’heure : un pays européen tranche définitivement alors que 14 autres envisagent de faire pareil © Social Mag

Le 16 juillet 2024, le Parlement ukrainien a adopté la loi n° 4201 sur le calcul du temps, par 261 voix. Le texte actait la fin du changement d’heure saisonnier dans le pays. Deux ans plus tard, il n’est toujours pas entré en vigueur.

La loi prévoyait une dernière bascule horaire à l’automne 2024, avant un maintien permanent à l’heure standard UTC+2, celle que l’Ukraine utilise habituellement en hiver et que certains appellent l’heure d’Europe centrale, ou simplement heure normale. Une fois votée, cette heure ne devait plus jamais être modifiée, confirme le magazine Maison et Travaux.

Sauf qu’il manque une signature. L’entrée en vigueur du texte dépend du président Volodymyr Zelensky, qui ne l’a à ce jour ni promulgué ni rejeté. Conséquence concrète : les calendriers affichent toujours deux changements d’heure pour l’Ukraine en 2026, exactement comme avant le vote.

Se démarquer de l’heure de Moscou

Les députés ukrainiens avancent d’abord un argument de santé publique. Ils estiment, en s’appuyant sur une étude relayée par l’agence Interfax, que le passage d’une heure à l’autre perturbe le rythme biologique, favorise la fatigue, fait baisser la productivité et augmente les risques de maladies chroniques.

Mais le motif le plus marquant reste géopolitique. Jusqu’en 2024, l’heure d’été plaçait l’Ukraine sur le même fuseau horaire que la Russie. En choisissant de figer ses horloges sur l’heure d’hiver, Kiev entend s’en détacher et affirmer une heure qui lui est propre, dans un pays en guerre contre son voisin depuis 2022.

Si la loi 4201 entrait un jour réellement en vigueur, l’Ukraine deviendrait le premier pays européen à avoir voté juridiquement la fin du dispositif saisonnier, un cas d’école sur un continent où personne n’a encore franchi le pas seul.

Car le dossier patine aussi à l’échelle de l’Union européenne. En 2019, le Parlement européen avait validé le principe de laisser chaque État membre choisir entre heure d’été et heure d’hiver permanentes, après une consultation citoyenne qui avait recueilli 84 % d’avis favorables à la suppression l’année précédente.

Le Conseil de l’UE n’a toutefois jamais validé ce texte, par crainte de voir apparaître un éclatement des horaires entre pays voisins. Le dossier est resté bloqué depuis.

Hors Union européenne, certains pays ont tranché depuis longtemps : l’Islande, le Groenland, l’Égypte et la Turquie ont abandonné le changement d’heure il y a plusieurs années déjà. En Allemagne, un sondage YouGov indique que près de 75 % des habitants souhaiteraient l’abolir, sans qu’aucune décision officielle n’ait été prise, certains préférant l’heure d’été permanente, d’autres l’heure d’hiver.

En France, une consultation menée en 2019 avait montré 83,71 % de participants favorables à la fin du dispositif, dont 59,17 % souhaitant rester à l’heure d’été toute l’année. Le pays reste pour l’instant aligné sur les règles communes européennes : en 2026, le passage à l’heure d’été a eu lieu dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars, à 2 heures il était 3 heures.

Le retour à l’heure d’hiver interviendra dans la nuit du 25 au 26 octobre, à 3 heures il sera 2 heures.

Les Ukrainiens, comme les Français, ont donc avancé leurs montres au printemps 2026, avant de les reculer à l’automne.

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