Conduire : un compromis sur les besoins essentiels
Pour beaucoup de Français, posséder une voiture est devenu un privilège. Selon une enquête réalisée par Leocare en collaboration avec Discurv le 28 septembre 2026, 74 % des participants perçoivent la voiture comme un luxe, un chiffre stable par rapport à 2025. Toutefois, les données indiquent une situation plus critique : 78 % des automobilistes ont déjà dû réduire d’autres dépenses pour financer leur véhicule, touchant à l’épargne, l’alimentation et même la sécurité du véhicule.
« L’année dernière, les Français voyaient la voiture comme un luxe indispensable. Aujourd’hui, ils en paient le prix sur les loisirs, l’épargne, voire l’entretien du véhicule », observe Christophe Dandois, cofondateur de Leocare. La voiture est devenue un bien que l’on garde par nécessité, faute de pouvoir la remplacer.
Un accès à la voiture de plus en plus difficile
L’enquête révèle que 56 % des Français n’auraient pas les moyens d’acheter une voiture équivalente à leur modèle actuel. Seuls 15 % pourraient le faire sans souci, tandis que 29 % devraient faire des sacrifices budgétaires. 34 % se tourneraient vers un modèle moins coûteux ou d’occasion, et 22 % ne pourraient plus acheter de véhicule du tout.
En conséquence, plus d’un Français sur cinq est contraint de conserver un véhicule qu’il ne pourrait pas remplacer. Ce phénomène témoigne d’une immobilité forcée, où l’usage de la voiture se maintient malgré une baisse du pouvoir d’achat.
La dépendance à la voiture persiste malgré les contraintes financières
Malgré les difficultés financières, la dépendance à la voiture ne diminue pas. 53 % des Français déclarent ne pas pouvoir se passer de leur véhicule au quotidien, et 30 % disent que s’en passer serait très compliqué. Seuls 11 % pourraient vivre sans voiture aisément. Dans de nombreuses zones, en particulier rurales et périurbaines, les transports en commun restent insuffisants.
Cette nécessité a un coût : pour 28 % des Français, la voiture représente plus de 20 % du budget mensuel, et pour 9 %, plus de 30 %. Cela équivaut à plus de deux mois de budget annuel pour un quart des ménages, et plus de trois mois et demi pour près d’un sur dix. Cette charge financière limite les choix budgétaires des familles.
De plus, 15 % des Français ignorent combien leur coûte réellement leur véhicule, montrant un manque de maîtrise des dépenses.
Emprunter pour réparer, une pratique courante
Face aux imprévus mécaniques, les difficultés augmentent. 31 % des conducteurs ont déjà emprunté de l’argent pour des réparations, que ce soit à une banque, par un prêt à la consommation ou auprès d’un proche, et près de 10 % l’ont fait plusieurs fois. Cette pratique illustre une vulnérabilité budgétaire croissante, où une panne devient un facteur potentiel de surendettement.
Plus inquiétant, 48 % des Français ont déjà conduit avec un problème mécanique identifié, préférant différer la réparation. Pour 24 %, c’est arrivé plusieurs fois. Ce comportement, motivé par des contraintes financières, pose un risque majeur pour la sécurité routière.
Les choix quotidiens pour financer l’automobile
Pour financer leur véhicule, près de huit Français sur dix ont déjà réduit d’autres dépenses. Les loisirs, restaurants et sorties sont les premiers sacrifiés (47 %), suivis des vacances (37 %), des vêtements et du bien-être personnel (30 % chacun), de l’épargne (28 %), des abonnements (25 %), et des cadeaux (23 %). Alarmant, 13 % réduisent leur budget alimentaire.
La voiture ne pèse plus seulement sur le budget, elle modifie les priorités quotidiennes essentielles. Plus d’un quart des Français puisent dans leur épargne, compromettant ainsi leur capacité à gérer les imprévus futurs.
L’assurance auto, un nouveau point de tension
L’assurance automobile est devenue un poste de dépense de plus en plus difficile à gérer. 63 % des Français ont constaté une augmentation de leur prime d’assurance auto au cours des douze derniers mois, et pour 15 %, cette augmentation a été significative. Seuls 3 % ont vu leur prime baisser.
Cette hausse s’explique par l’augmentation du coût des sinistres. Selon Sécurité et Réparation Automobiles (SRA), le coût moyen d’une réparation après collision a augmenté de près de 30 % entre 2021 et 2025. De plus, la surprime pour catastrophes naturelles est également montée, impactant tous les assurés. Face à ces hausses, 47 % des Français pourraient changer d’assureur pour une augmentation de 10 % ou moins.
Réduction des voitures : une option envisagée par 37 % des Français
Face à ces contraintes, 37 % des Français envisagent de se séparer de leur voiture dans l’année à venir. Ce choix, souvent par nécessité budgétaire, reflète une profonde rupture. Il souligne l’importance de proposer des alternatives viables, surtout dans les zones où les transports publics sont insuffisants.
Pression fiscale sur les flottes d’entreprises
Les entreprises ne sont pas épargnées par la pression budgétaire liée à la fiscalité automobile. Selon Jean Pagezy de PCA Services, le dernier trimestre 2026 est crucial pour les flottes automobiles, avec des arbitrages budgétaires à prévoir pour 2027.
Les entreprises doivent gérer des coûts liés aux avantages en nature, au malus au poids, à l’écotaxe, et aux quotas de verdissement. Le projet de loi de finances 2027 introduit un nouveau critère de résilience de l’éco-score, qui pourrait pénaliser les voitures électriques produites hors d’Europe.
La sécurité routière en question
Christophe Dandois souligne : « Quand près d’un Français sur deux roule avec un voyant allumé pour éviter des dépenses, la question dépasse le pouvoir d’achat et touche à la sécurité. » Cette situation interpelle sur la capacité des pouvoirs publics à garantir la sécurité routière dans un contexte financier tendu.
Pour Leocare, il est crucial de ne pas alourdir la pression sur les budgets familiaux. « Notre rôle est de proposer des garanties claires et un prix juste, sans mauvaises surprises », conclut Christophe Dandois, dans un contexte où les hausses de prix de l’assurance sont fréquentes.


