Les appels téléphoniques silencieux, ceux où il n’y a personne de l’autre côté du combiné, peuvent cacher des intentions malveillantes, d’après un rapport de Bitdefender, une entreprise spécialisée en cybersécurité. À première vue, ces appels paraissent anodins, mais ils peuvent servir de prélude à des fraudes ou à des tentatives d’usurpation d’identité, un fléau du démarchage qui grandit dans notre société toujours plus connectée, alerte Le Parisien. Comprendre ce phénomène aide à mieux protéger ses données personnelles et à prévenir des escroqueries, similaires aux techniques de phishing utilisées dans les arnaques par SMS.
À quoi ressemble un appel silencieux
Vous décrochez, dites « allô » ou « bonjour », et l’appel s’interrompt net. Bitdefender décrit le scénario type : le téléphone sonne, un numéro inconnu s’affiche, et il n’y a que du silence à l’autre bout. Si vous parlez, il n’y a pas de réponse. Si vous restez silencieux, l’appelant reste silencieux lui aussi ; le mystère reste entier.
Derrière ces appels se cache souvent une méthode bien rodée pour vérifier qu’un numéro est actif et pour capter une empreinte vocale de l’utilisateur. Même quelques mots enregistrés peuvent, une fois détournés, devenir un outil dangereux. Un des objectifs des fraudeurs est de confirmer l’existence d’un numéro pour alimenter une base de données exploitable.
Ce qu’on fait avec ces enregistrements
Les techniques utilisées ont des finalités précises. Les fraudeurs cherchent non seulement à prouver qu’un numéro existe, mais aussi à récupérer un échantillon vocal. Ces échantillons peuvent ensuite servir dans des outils d’intelligence artificielle pour imiter la voix d’une personne. Comme le dit Bitdefender : « Copier la voix, le timbre et l’intonation est beaucoup plus simple que les gens ne le pensent. »
Une fois la capture vocale obtenue, elle peut être revendue sur le dark web et utilisée pour diverses escroqueries : usurpation d’identité, manipulations vocales pour tromper des proches ou soutirer des informations sensibles. Les enregistrements peuvent servir à reproduire la voix d’une victime lors d’appels trompeurs ou d’arnaques bancaires. Ce type d’activité n’est pas nouveau, mais l’ampleur et l’ingéniosité des méthodes ne cessent d’augmenter.
Les technologies qui facilitent la fraude
Ces appels silencieux sont souvent possibles grâce à des composeurs automatiques. De plus, la technologie de spoofing permet aux fraudeurs d’afficher des numéros qui semblent fiables, parfois liés à des entreprises connues. Ces procédés rendent la détection difficile pour le grand public et peuvent tromper même les plus vigilants.
Les systèmes automatisés testent des numéros en masse et choisissent des identifiants qui donnent une fausse impression de sécurité, ce qui complique la tâche des régulateurs dans la lutte contre ces nouvelles formes de cybermenaces. Cependant, des nouvelles règles peuvent aider à renforcer la protection.




