Mauvaise nouvelle pour les curistes : une proposition de loi veut supprimer le remboursement des cures thermales, les rhumatologues s’affrontent

260 millions d’euros. C’est la somme que coûterait chaque année le remboursement des cures thermales, et qu’un député veut supprimer. Un débat déjà clos en 2025… mais qui revient, plus tendu que jamais.

Publié le
Lecture : 2 min
Mauvaise nouvelle pour les curistes : une proposition de loi veut supprimer le remboursement des cures thermales, les rhumatologues s'affrontent
Mauvaise nouvelle pour les curistes : une proposition de loi veut supprimer le remboursement des cures thermales, les rhumatologues s’affrontent © Social Mag

Dans une formule publiée sur X, Sylvain Maillard, député du groupe Ensemble pour la République (EPR) et élu de Paris, affirme que le remboursement des cures thermales coûte 260 millions d’euros par an à la sécurité sociale et qu’il votera un amendement pour le supprimer.

Son annonce relance un débat que l’on croyait clos. Sa position est sans ambiguïté : la prise en charge des cures thermales par l’Assurance maladie doit, selon lui, disparaître.

Le calendrier n’est pas neutre. Le gouvernement prévient que des efforts budgétaires seront nécessaires pour 2027, et les parlementaires devront trouver plusieurs milliards d’euros d’économies alerte Capital. Les textes du budget, le projet de loi de finances et celui de financement de la Sécurité sociale, seront présentés à l’Assemblée nationale fin septembre 2026.

Les députés auront jusqu’à la fin de l’année pour les voter, sous peine de devoir recourir à une loi spéciale. Les débats n’ont même pas commencé que la question d’une censure du gouvernement circule déjà.

Un scénario déjà écarté en 2025

Ce n’est pas la première fois que le sujet s’invite dans les débats budgétaires. Lors de l’examen du PLFSS 2026, le gouvernement avait envisagé une réduction drastique de la prise en charge : le remboursement du forfait thermal aurait chuté de 65 % à 15 %, et la prise en charge intégrale aurait cessé pour certains patients en affection de longue durée. L’exécutif espérait alors économiser environ 200 millions d’euros, un chiffre depuis réévalué à 260 millions selon Sylvain Maillard.

À l’automne 2025, cette perspective avait provoqué une levée de boucliers dans les villes thermales. La mesure n’avait finalement pas été retenue dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026.

Cette fois, les professionnels du secteur se disent pourtant moins inquiets qu’un an plus tôt, malgré la nouvelle menace pesant sur le budget 2027. Adeline Guérard, qui dirige la Chaîne thermale du soleil, explique cette relative sérénité par le fait qu’en début d’année, la ministre de la Santé a décidé de saisir la Haute autorité de santé.

Cette saisine vise à évaluer le service médical rendu par la cure thermale, une analyse toujours en cours. Une première évaluation de la Haute autorité de santé est attendue à l’automne 2026, mais un avis plus complet ne sera disponible qu’à la fin de 2027.

Pour Adeline Guérard, tant que ces conclusions ne sont pas connues, le sujet du remboursement reste suspendu : la Haute Autorité de santé « évalue actuellement le service rendu par les cures thermales », et leur remboursement « ne sera pas remis en cause avant les conclusions de cette évaluation ».

En 2024, plus de 470 000 personnes ont suivi une cure thermale, dont environ un quart de patients en affection de longue durée, selon le Conseil national des établissements thermaux. Le sujet reste sensible pour les élus locaux des communes concernées par les établissements thermaux, pour qui l’activité représente un poids économique local.

L’initiative de Sylvain Maillard ne préjuge en rien des arbitrages que retiendra le gouvernement pour le PLFSS 2027. Elle confirme en revanche que le remboursement des cures thermales reste, budget après budget, un point de crispation récurrent entre recherche d’économies et défense d’un secteur qui pèse sur plusieurs territoires.

Suivez-nous sur Google NewsSoutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités.

Laisser un commentaire

Share to...