Bénéficiaires de la protection internationale : comment le programme AGIR redéfinit l’intégration

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Bénéficiaires de la protection internationale : comment le programme AGIR redéfinit l’intégration © Social Mag

Lancé en 2022, le programme AGIR (Accompagnement Global et Individualisé pour les Réfugiés) propose une réponse ambitieuse aux enjeux d’intégration des bénéficiaires de la protection internationale (BPI) en France. Dans les territoires, des associations comme Coallia ou France Terre d’Asile sont fortement mobilisées pour accompagner les populations. Si les résultats initiaux sont prometteurs, des défis structurels peuvent persister, révélant les tensions d’un système confronté à une forte demande.

Un déploiement progressif et ambitieux

Face aux enjeux d’accompagnement des réfugiés, la France a mis en place le programme AGIR. Celui-ci vise à accompagner 40 000 réfugiés par an sur la période 2023-2027.
En 2023, plus de 15 000 bénéficiaires ont été orientés vers ce dispositif, dans un délai moyen de dix jours après leur reconnaissance par l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII).
Conçu comme un guichet unique départemental, AGIR s’appuie sur un suivi personnalisé, assuré par un binôme d’intervenants spécialisés. Pendant 24 mois maximum, les réfugiés bénéficient d’un accompagnement global : démarches administratives, accès au logement, insertion professionnelle et formation qualifiante.

Le programme AGIR s’appuie sur un réseau d’acteurs variés, tels que des associations, des collectivités locales et des entreprises, qui travaillent en étroite collaboration pour proposer des solutions adaptées aux besoins spécifiques de chaque bénéficiaire. L’objectif est d’assurer une transition fluide et efficace vers l’autonomie.

Des acteurs de terrain au plus près des enjeux

Acteur de la solidarité française, l’association France Terre d’Asile propose un accompagnement dans leurs démarches administratives, l’ouverture des droits sociaux et la facilitation des démarches bancaires et familiales. France Terre d’Asile collabore étroitement avec les services publics de l’emploi et des partenaires locaux pour offrir des formations qualifiantes et encourager l’insertion sur le marché du travail.

Grâce à cette approche, le programme ambitionne d’amener 60 % des réfugiés accompagnés vers un emploi ou une formation, et 80 % vers un logement stable dans un délai de deux ans.

Autre acteur majeur impliqué dans AGIR, l’association Coallia apporte son expertise en matière d’accompagnement social et de gestion de structures d’hébergement, comme les Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA).
S’appuyant sur un maillage territorial dans 13 régions françaises et 51 départements, l’association Coallia mobilise ses 5 000 professionnels pour offrir des solutions concernant le soutien administratif, l’accompagnement vers le logement et la création d’un cadre favorable à l’intégration.

En tant qu’opérateur de territoires, Coallia propose à 19 départements des parcours personnalisés dans lesquels les bénéficiaires sont orientés vers des dispositifs d’accompagnement incluant un accès prioritaire à des formations professionnelles. Ces initiatives visent à réduire les obstacles structurels auxquels les réfugiés sont confrontés, notamment le manque de ressources et les barrières linguistiques​.

Des résultats encourageants face à des défis persistants

Si de nombreux réfugiés accompagnés ont accédé à un emploi en 2023, le programme reste perfectible.

Les délais d’accès, parfois longs entre l’obtention du statut de réfugié et l’intégration dans le programme, posent un problème.

L’accès à l’emploi reste une priorité, notamment pour les personnes ayant des qualifications reconnues mais confrontées à des difficultés d’insertion liées à la reconnaissance de leurs diplômes ou à la maîtrise de la langue française.

La question du logement constitue également un enjeu majeur, avec une demande croissante et une offre souvent insuffisante. Le marché du logement en France est marqué par une pénurie structurelle, qui touche particulièrement les personnes vulnérables, dont les bénéficiaires de la protection internationale.

Si les premières années du programme AGIR ont démontré sa pertinence dans la facilitation de l’intégration des réfugiés, la pérennité du dispositif reposera tant sur l’adaptation au contexte socio-économique (crises économiques, hausses du coût de la vie), que la gestion des flux migratoires incertains.

La prise en compte des spécificités des femmes réfugiées et des mineurs non accompagnés constitue également un enjeu majeur pour assurer une intégration réussie de tous les bénéficiaires de la protection internationale.

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