Sur un parking de Belluno, au nord de Venise, un homme s’avance avec une valise à moitié ouverte. À l’intérieur, des liasses de billets de 50 euros. Il s’appelle Haider, il est sans-abri et d’origine irakienne. Il commence à distribuer l’argent aux passants, début août, raconte L’Independant.
La police, alertée par un témoin, finit par intervenir. Elle interpelle Haider et saisit 4 390 euros en coupures de 50, conservés depuis par la municipalité.
Sur le moment, personne ne comprend vraiment ce qui se passe. Certains croient à une plaisanterie, pensent que les billets sont faux. Puis ils réalisent que l’argent est bien réel. Face à cette aubaine inattendue, les réactions divergent : certains empochent les billets sans hésiter, d’autres préviennent les forces de l’ordre.
« Certains les ont pris et les ont gardés, d’autres ont prévenu les policiers », résume Marco Dal Pont, adjoint au maire de Belluno.
Haider vit sous une tente près de la gare de Belluno, où il s’est installé il y a quelques mois après avoir séjourné dans des communes voisines. Il ne parle pas italien, ce qui complique tout échange avec les services sociaux comme avec la police.
Selon Marco Dal Pont, il est pourtant très apprécié des habitants du quartier. Les services sociaux le connaissent bien et suivent sa situation, mais leurs tentatives pour l’aider se heurtent systématiquement à un refus. « Ils ont essayé de l’aider à plusieurs reprises, en lui proposant de la nourriture et un hébergement, mais il a toujours refusé de manger et de dormir dans les endroits qui lui étaient proposés », précise l’élu.
Interrogé sur l’origine de la valise, Haider n’a rien voulu, ou rien pu, expliquer aux enquêteurs. L’énigme reste entière. « Plusieurs hypothèses ont été avancées, mais pour le moment, nous n’avons pas compris d’où il avait obtenu cet argent », indique Marco Dal Pont.
Les 4 390 euros récupérés par les policiers ont été remis à la municipalité, dans l’attente qu’un éventuel propriétaire se présente. Plusieurs semaines après les faits, aucune réclamation n’a été déposée. Haider, lui, est retourné vivre sous sa tente, sans argent ni aide extérieure.





