Didier, 77 ans, perçoit une pension de retraite de 4 205 euros bruts mensuels. Cet ancien officier ministériel, qui a exercé le métier d’huissier de justice, désormais rebaptisé commissaire de justice, a passé plus de trente ans au sein d’une étude, d’abord comme salarié puis en profession libérale.
Pour exercer, Didier a dû suivre des études de droit privé et prêter serment auprès du ministère de la Justice. Il est parti à la retraite à 65 ans, soit plus tard que la limite légale. « Je suis parti à la retraite à l’âge de 65 ans, c’est-à-dire plus tard que la limite légale, car j’aimais beaucoup mon travail », confie-t-il dans un entretien accordé au Figaro Emploi.
Il ajoute que la fin de sa carrière n’a pas été un choix totalement libre : « À la fin de ma carrière, on m’a toutefois fait comprendre qu’il fallait que je fasse de la place aux jeunes. J’ai donc laissé la main à mes associés. »
Durant sa vie active, sa rémunération avoisinait 5 900 euros bruts par mois. Un revenu qui lui a permis de bâtir un patrimoine solide : il possède une maison à Paris et une grande maison de vacances en Sologne, où il passe désormais l’essentiel de son temps avec son épouse. « Cette somme m’a permis de me constituer un beau patrimoine immobilier », résume-t-il.
Une pension calculée en points, loin au-dessus de la moyenne
Le montant de sa retraite s’explique par un système de double cotisation propre aux professions libérales réglementées. Pour sa retraite de base, Didier dépendait de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales. Pour sa complémentaire, de la Caisse d’assurance vieillesse des officiers ministériels, des officiers publics et des compagnies judiciaires.
Les deux régimes fonctionnent par points : chaque cotisation versée est convertie selon une valeur d’achat révisée chaque année, puis reconvertie en pension au moment du départ.
Ce niveau de pension tranche avec la moyenne nationale. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, la pension moyenne des retraités vivant en France s’élève à 1 666 euros bruts, soit environ 1 541 euros nets.
En 2023, les pensions allaient de 790 euros bruts à plus de 4 000 euros pour les plus aisées. D’après l’Observatoire des inégalités, les 10 % de ménages retraités les mieux dotés perçoivent à eux seuls 17 % de l’ensemble des pensions versées, un phénomène lié notamment au régime d’affiliation : les professions libérales, les régimes spéciaux et les ex-agents de la fonction publique d’État figurent en tête de ces écarts.
Le métier lui-même reste largement méconnu du grand public, malgré son rôle dans le système judiciaire. Les revenus versés aux commissaires de justice en activité se situent souvent entre 6 000 et 10 000 euros par mois, selon Neovia Retraite.
Cette rémunération n’attire pourtant pas les foules. La Chambre nationale des commissaires de justice recense seulement 100 à 120 nouveaux diplômés chaque année, alors qu’il en faudrait entre 150 et 180 pour répondre à la demande et remplacer les professionnels qui, comme Didier, partent en retraite.






