Fibre Excellence : 11 tonnes de bois menacent la sécurité à Tarascon

L’usine Fibre Excellence de Tarascon, placée en liquidation judiciaire le 29 juillet 2026, fait face à une crise sécuritaire majeure. La préfecture des Bouches-du-Rhône a enjoint le liquidateur de mettre en œuvre immédiatement des mesures d’urgence après l’arrêt de systèmes critiques et un déversement accidentel de liqueur noire. Le site classé Seveso seuil bas concentre onze tonnes de bois et d’importants produits chimiques, faisant craindre des incendies ou une pollution du Rhône.

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Fibre Excellence : 11 tonnes de bois menacent la sécurité à Tarascon © Social Mag

Surveillance accrue pour une usine en liquidation

Depuis sa liquidation le 29 juillet 2026, l’usine Fibre Excellence de Tarascon est en pleine crise. Le 3 septembre, la préfecture des Bouches-du-Rhône a envoyé un arrêté au liquidateur judiciaire, exigeant une action immédiate pour garantir la sécurité du site, des personnes et de l’environnement. Classée Seveso seuil bas, l’usine renferme onze tonnes de bois et de nombreux produits chimiques, comme le peroxyde d’hydrogène et le fioul lourd. Les tensions montent lorsque les exigences légales de sécurité se heurtent aux contraintes d’une procédure collective.

Début septembre, le liquidateur a décidé de couper certaines installations électriques, malgré l’opposition des anciens salariés. Cela a entraîné la mise à l’arrêt partielle du système de défense incendie et de la station d’épuration, essentielle pour éviter les rejets accidentels dans le Rhône. Le 1er septembre, un incident a provoqué le déversement de 50 m³ de « liqueur noire » dans une zone de rétention, et 6 m³ ont atteint la station d’épuration, maintenant hors service. La préfecture souligne que cet incident démontre le risque de nouveaux déversements.

Cadre juridique sous pression

L’arrêté préfectoral s’appuie sur l’article L. 171-8 du code de l’environnement, qui autorise l’imposition de mesures d’urgence en cas de risque grave. Les substances présentes sur le site, si elles ne sont pas correctement gérées, pourraient causer des incendies majeurs ou polluer l’environnement, selon la préfecture. Des agents de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal) étaient attendus sur le site le 4 septembre pour vérifier la mise en œuvre des mesures. En cas de non-conformité, des sanctions financières allant jusqu’à 45 000 euros pourraient être appliquées, avec un supplément de 4 500 euros par jour de retard.

Dernier fabricant de pâte à papier en France

Fibre Excellence détenait les deux dernières grandes usines de pâte à papier en France, l’une à Saint-Gaudens et l’autre à Tarascon. Propriété de l’indonésien Jackson Wijaya, l’entreprise employait environ 700 personnes. L’usine de Tarascon, qui comptait 270 employés avant sa fermeture, a été liquidée le 29 juillet. Le sort de l’usine de Saint-Gaudens devait être décidé le 8 septembre par le tribunal de commerce de Toulouse. La fermeture de ces sites mettrait fin à un savoir-faire industriel centenaire en France, menaçant des centaines d’emplois directs et indirects.

Conflit autour de la gestion du site

Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT, accuse le liquidateur judiciaire de prendre des décisions dangereuses. Depuis la liquidation, une quarantaine d’anciens salariés ont maintenu la sécurité des installations 24 heures sur 24 jusqu’à la fin de leur contrat en août. Les syndicats demandent que des ex-employés soient impliqués dans la sécurisation du site, arguant que leur expertise est cruciale pour éviter des incidents comme celui du 1er septembre.

Défis juridiques et pratiques de la liquidation

La liquidation de l’usine classée Seveso implique de nombreux défis juridiques et pratiques. Le liquidateur doit arbitrer entre la vente des actifs, le règlement des créances et la prévention des risques. Les exigences de sécurité et de gestion des déchets restent valides malgré la fin de l’activité. À Tarascon, la fermeture nécessite des actions précises, comme la neutralisation des cuves et la gestion des déchets, pour éviter des contentieux futurs.

Enjeux économiques à Saint-Gaudens

Le site de Saint-Gaudens est au cœur de discussions intenses. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a sollicité une nationalisation temporaire pour sauver l’usine, avec un soutien financier de l’État et de la Région. Cependant, le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a rejeté cette proposition, soulignant les injections financières déjà effectuées sans succès. Une audience était prévue le 8 septembre pour discuter des options de reprise, avec une offre de 91 millions d’euros déposée par l’Agence régionale des investissements stratégiques.

La fermeture de Fibre Excellence soulève des questions sur la stratégie industrielle française. La dépendance croissante aux importations de pâte à papier, dans un contexte de tensions géopolitiques, interroge sur la souveraineté industrielle. La situation rappelle l’importance d’anticiper les fermetures de sites industriels à risque pour éviter des friches dangereuses. Une collaboration précoce entre liquidateurs, autorités et salariés pourrait limiter les dommages humains, environnementaux et financiers.

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