Le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé à l’unanimité, jeudi 3 septembre 2026, un ambitieux plan de restructuration intitulé « Plan d’avenir 2030 ». Ce plan prévoit la suppression de 50 000 postes supplémentaires dans le monde d’ici la fin de la décennie. Cumulées aux 50 000 suppressions déjà prévues en Allemagne depuis 2024, principalement chez VW, le total atteint 100 000 emplois, soit environ 15 % des effectifs mondiaux. Cette restructuration est une première pour le constructeur et l’industrie automobile allemande.
L’annonce a été faite trois jours avant des élections régionales en Saxe-Anhalt, où l’extrême droite pourrait remporter la majorité absolue, un scénario inédit en Allemagne d’après-guerre. Cette situation est préoccupante pour le chancelier Friedrich Merz, dont la popularité est en chute libre. La décision de Volkswagen a été prise après une réunion de la commission de présidence du conseil, avant une réunion plénière prévue le lendemain.
Surcapacité de production en Europe
Pour justifier ces suppressions, le groupe évoque « une pression concurrentielle mondiale croissante, des changements dans les structures de demande et l’évolution technologique ». Une surcapacité de production de 500 000 véhicules en Europe a été constatée par le conseil de surveillance, composé à parts égales de salariés et d’actionnaires. Selon le constructeur, une réduction des effectifs est donc nécessaire pour s’adapter à la réalité économique.
Comme ses concurrents, Volkswagen souffre d’une demande stagnante, d’une transition vers l’électrique plus lente que prévu et de la concurrence des marques chinoises. Selon la BBC, les bénéfices du groupe ont considérablement chuté, notamment en Chine, autrefois marché clé. Les ventes ont également reculé aux États-Unis, en partie à cause des tarifs douaniers imposés par l’administration de Donald Trump. BMW a déjà supprimé 8 000 emplois, illustrant les difficultés du secteur.
Usines en sursis en Allemagne
Quatre usines allemandes sont en sursis : Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm. Le conseil de surveillance a noté qu’aucune charge de production compétitive n’est garantie entre 2031 et 2034 pour ces sites. Volkswagen n’a pas encore décidé de fermetures immédiates, préférant explorer d’autres possibilités d’utilisation. Une nouvelle organisation industrielle pour ses usines européennes doit être conçue d’ici mi-2027.
Selon Electrek, ces sites sont cruciaux pour la production de véhicules électriques. Zwickau est la première grande usine de Volkswagen entièrement dédiée aux véhicules électriques, tandis qu’Emden, Hanovre et Neckarsulm produisent également des modèles électriques et hybrides.
Réduction et recentrage stratégique
Outre les suppressions d’emplois, le plan comprend une réduction de moitié de la gamme de modèles d’ici 2035 et une diminution de 75 % des options d’équipements. L’objectif est de simplifier l’offre et d’augmenter la marge opérationnelle à 9 % d’ici 2030. Volkswagen prévoit 135 milliards d’euros d’investissements dans la transition vers l’électrique et le développement de batteries entre 2027 et 2031.
À l’international, le groupe se concentrera sur les segments rentables en Amérique du Nord et adaptera sa stratégie en Chine. Il renforcera également ses exportations vers le « Sud global », où la demande automobile continue de croître.
En simplifiant sa gouvernance, Volkswagen espère surmonter les lourdeurs administratives, souvent critiquées. Le Land de Basse-Saxe, actionnaire influent avec 20 % du capital, et les représentants du personnel jouent un rôle clé dans les décisions stratégiques.