L’Union européenne va suspendre à partir de jeudi ses importations de volaille et de bœuf en provenance du Brésil. La mesure, annoncée par la Commission européenne le lundi 31 août 2026, s’étend aussi aux œufs et au miel brésiliens.
Bruxelles reproche à Brasilia de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits aux règles européennes contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage. Ces règles interdisent le recours aux antimicrobiens pour favoriser la croissance des animaux ou augmenter les rendements, et proscrivent tout traitement des bêtes avec des molécules réservées aux infections humaines. L’objectif affiché est de limiter la résistance des microbes aux médicaments.
Une porte-parole de la Commission européenne a tenu à nuancer la portée de la décision, dans une déclaration à l’AFP lundi soir : « Le Brésil est un partenaire important de l’UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d’assurer leur conformité à ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l’UE pourront reprendre. »
Un audit sur la volaille et le miel s’achève vendredi
Un audit est en cours sur la volaille et le miel. Il doit se terminer vendredi 4 septembre 2026. S’il se révèle concluant et que les pays européens donnent leur feu vert, les exportations de volaille brésilienne pourraient être de nouveau autorisées dans les semaines à venir.
Pour le bœuf, les délais s’annoncent plus longs. La Commission justifie cet écart par la durée des cycles de production, qui varie selon les espèces animales concernées. Elle n’a en revanche donné aucun calendrier pour la reprise des importations d’œufs et de miel.
Ce dossier s’inscrit dans un contexte tendu. Le Brésil avait déjà été retiré, en mai 2026, d’une liste européenne des pays jugés conformes aux règles de l’UE sur le recours aux antibiotiques en élevage. L’UE avait par ailleurs signé, en janvier 2026, un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay), vivement critiqué par le secteur agricole et par la France. La suspension permet à Bruxelles de donner des gages de vigilance sanitaire dans ce climat de méfiance.
Les volumes en jeu ne sont pas négligeables. En 2025, le Brésil était le deuxième exportateur de viande bovine vers l’UE, avec plus de 92 000 tonnes de produits bovins expédiés, pour une valeur dépassant 713 millions d’euros. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les superbactéries résistantes aux antimicrobiens causent directement plus d’un million de décès chaque année dans le monde, et contribuent à près de cinq millions de morts supplémentaires.



