Mauvaise nouvelle pour les retraités : la suppression de l’abattement de 10 % pourrait toucher ceux qui gagnent plus de 2 000 € par mois

300 euros de plus par an pour certains retraités : 3 000 euros, c’est le nouveau plafond envisagé pour l’abattement fiscal. Les couples seraient davantage touchés que les célibataires. Les détails qui changent tout.

Publié le
Lecture : 3 min
Mauvaise nouvelle pour les retraités : la suppression de l'abattement de 10 % pourrait toucher ceux qui gagnent plus de 2 000 € par mois
Mauvaise nouvelle pour les retraités : la suppression de l’abattement de 10 % pourrait toucher ceux qui gagnent plus de 2 000 € par mois © Social Mag

Le projet de budget 2027 prévoit de réduire le plafond de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions de retraite. Ce plafond, fixé à 4 439 euros par foyer fiscal pour les revenus 2026, serait ramené à 3 000 euros.

Il ne s’agit pas d’une suppression de l’abattement lui-même, qui continuerait à s’appliquer automatiquement sur les pensions déclarées. Le changement ne toucherait que la fraction des pensions qui dépasse le nouveau plafond. Concrètement, les retraites modestes ne seraient pas affectées : une personne percevant 1 500 euros par mois reste loin du seuil, quel qu’il soit.

Ce sont les pensions les plus élevées, celles pour qui le calcul à 10 % dépasse déjà 3 000 euros, qui verraient leur revenu imposable augmenter, sans que le montant de la pension perçue change d’un centime.

Le site RMC Conso a chiffré l’effet pour un retraité célibataire disposant de 40 000 euros de revenus annuels. Avec l’abattement actuel de 4 000 euros, son revenu imposable s’élève à 36 000 euros, pour un impôt de 3 904 euros. Avec le plafond ramené à 3 000 euros, ce même revenu imposable grimpe à 37 000 euros, et l’impôt à 4 204 euros. Soit 300 euros de plus par an.

Les couples de retraités davantage pénalisés

Le plafond s’applique par foyer fiscal, et non par personne. Pour un couple dont les deux pensions s’additionnent, les 10 % d’abattement atteignent donc plus vite la limite de 3 000 euros que pour une personne seule.

RMC Conso cite l’exemple d’un couple percevant chacun 25 000 euros de pension, soit 50 000 euros au total. Son revenu imposable passerait à 47 000 euros pour un impôt de 2 618 euros, soit 158 euros de plus qu’avec les règles actuellement en vigueur.

La différence est notable avec la réforme envisagée en 2026, qui prévoyait un abattement cumulable par membre du couple : ce même ménage aurait alors eu un revenu imposable de 46 000 euros, pour un impôt de 2 508 euros, soit une hausse limitée à 48 euros.

Selon Impôts.gouv.fr, le plafond ramené à 3 000 euros ne se traduit donc pas par une baisse uniforme de 1 439 euros par retraité, mais par une réduction du montant maximal déductible pour l’ensemble du foyer.

Troisième tentative de réforme depuis 1978

L’abattement fiscal des retraités existe depuis 1978. Selon Le Parisien, cette réforme participerait à l’effort demandé aux retraités pour réduire les dépenses publiques. Deux tentatives précédentes, en 2025 puis en 2026, avaient déjà échoué. Le gouvernement estime que l’abaissement du plafond à 3 000 euros rapporterait 1,4 milliard d’euros de recettes fiscales supplémentaires.

Le texte n’est à ce stade qu’un projet, susceptible d’évoluer pendant l’examen parlementaire. En 2026, le dispositif en vigueur reste celui d’un abattement plafonné à 4 439 euros. L’impact réel pour chaque foyer ne pourra être évalué qu’une fois le texte définitif adopté et les pensions imposables examinées une à une.

Le même budget contient une seconde réforme, distincte, qui touche cette fois le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2027. Le gouvernement y propose de supprimer la majoration de 10 % sur la pension accordée aux parents de trois enfants et plus, pour la remplacer par un forfait fixe identique à tous les bénéficiaires.

La mesure ne s’appliquerait qu’aux pensions liquidées à partir du 1er juillet 2027, sous réserve d’adoption par le Parlement. Les retraités ayant déjà liquidé leurs droits conserveraient leur majoration actuelle. Le gouvernement explique que cette majoration, pourtant conçue pour compenser les charges des familles nombreuses, profite en réalité davantage aux pensions élevées et aux hommes, puisqu’elle est proportionnelle au montant de la retraite.

Les hommes perçoivent en moyenne une pension 37 % supérieure à celle des femmes. Selon des chiffres de 2020, 62 % des montants versés au titre de la majoration familles nombreuses vont à des hommes, contre 38 % à des femmes, avec un bénéfice moyen de 136 euros par mois pour les premiers contre 77 euros pour les secondes.

Le gouvernement suit les recommandations formulées à l’été 2026 par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales, qui évoquaient un forfait de 125 euros par mois, montant non encore confirmé officiellement. Selon leurs simulations, les 40 % de bénéficiaires les moins favorisés verraient leur pension augmenter avec ce système, tandis que les 20 % de retraités aux pensions les plus importantes recevraient moins, avec une baisse moyenne de 1,9 % pour les hommes concernés et 1,3 % pour les femmes.

L’économie attendue est évaluée à 1,1 milliard d’euros sur dix ans. Une étude distincte de la Drees, menée en 2025 sur un forfait de 150 euros, concluait qu’un tel basculement ne suffirait pas à combler l’écart entre pensions masculines et féminines, et suggérait plutôt de réserver ce forfait aux seules femmes.

Suivez-nous sur Google NewsSoutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités.

Laisser un commentaire

Share to...