L’élaboration du budget 2026 met les décideurs face à la nécessité d’optimiser les dépenses de l’État. Cette réflexion est étudiée par l’Institut des politiques publiques (IPP) qui, dans son second chapitre de perspectives budgétaires, examine plusieurs scénarios socio‑fiscaux aux effets redistributifs possibles. Alors que le gouvernement vise des économies de 40 milliards d’euros, la question demeure : comment y parvenir sans aggraver les inégalités sociales ?
Qui sont les acteurs et quels enjeux économiques ?
Les principaux acteurs de cette étude sont l’Institut Montaigne, réputé pour son économiste spécialisé en politiques de l’emploi, et l’IPP, auteur de l’analyse. Michel Barnier, qui a déjà proposé le projet de loi de finances (PLF) pour 2025, reste une figure centrale malgré le rejet de son projet initial ; il avait notamment proposé le gel des pensions pour limiter les dépenses.
L’analyse s’appuie sur des estimations de la Banque de France. Les retraités, en particulier les 50 % les plus modestes d’entre eux, apparaissent comme un groupe fortement visé par les mesures envisagées, notamment le gel des pensions et la suppression de l’abattement fiscal.
Quelles mesures sont sur la table ?
L’IPP met en avant plusieurs options. Le gel des pensions de retraite pendant un an revient souvent : en ne les indexant pas sur l’inflation, cela pourrait rapporter 2,6 milliards d’euros en 2026. Selon un économiste de l’Institut Montaigne, un retraité de 75 ans, par exemple, verrait sa pension baisser de 1 % à vie si la mesure était appliquée (même si le gel est présenté comme temporaire, il risque d’appauvrir durablement les personnes concernées si prolongé), explique le magazine Challenges.
On étudie aussi la suppression de l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités (actuellement, 90 % de leur pension de base est imposable). La suppression de cet abattement pourrait augmenter les recettes fiscales de 4,6 milliards d’euros. En parallèle, elle réduirait de 400 millions d’euros les dépenses d’aides au logement, pour une économie totale annoncée de 5 milliards d’euros en 2026.
Le scénario dit de « l’année blanche » cumule plusieurs mesures : gel des pensions, gel du barème de l’impôt sur le revenu et gel des prestations sociales. Option impopulaire, il permettrait d’épargner 5,7 milliards d’euros, mais pose un vrai dilemme politique : réaliser des économies au prix d’une baisse des prestations sociales, ou bien faire des coupes dans des secteurs déjà fragiles comme la santé et l’éducation.



