« L’honnêteté ne paie pas » : une avocate révèle ce qu’il ne faut pas dire lors de votre plainte pour escroquerie

Les arnaques bancaires explosent, et vos chances de remboursement sont minces.

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« L'honnêteté ne paie pas » : une avocate révèle ce qu'il ne faut pas dire lors de votre plainte pour escroquerie
« L’honnêteté ne paie pas » : une avocate révèle ce qu’il ne faut pas dire lors de votre plainte pour escroquerie © Social Mag

Les escroqueries bancaires se multiplient, favorisées par l’accès facilité aux outils d’intelligence artificielle qui aident les fraudsters à mieux cibler leurs victimes, comme dans le cas d’une escroquerie numérique. Beaucoup pensent que les banques protègent systématiquement leurs clients contre ces arnaques. Ce n’est pas toujours vrai : de nombreuses victimes ne sont pas remboursées.

Ce que dit la loi et comment réagissent les banques

L’article L133-18 du Code monétaire et financier prévoit que les banques doivent rembourser les « opérations de paiement non autorisées ». Pourtant, les établissements financiers invoquent fréquemment la notion de « négligence grave » pour refuser un remboursement, en prétendant que le client aurait dû être plus vigilant avant d’autoriser la transaction.

Les banques cherchent à rassembler tous les éléments possibles contre leurs clients pour éviter de verser ne serait-ce que 0,01 € lors d’une réclamation, souvent en utilisant des stratégies psychologiques. L’expéditeur du mail et le contenu des SMS sont passés au crible par les banques pour démontrer cette négligence, tout comme les faux courriers peuvent être utilisés pour tromper les victimes. Quand elles ont des preuves contre le client, il devient très difficile pour la victime d’obtenir gain de cause.

Rassembler des preuves matérielles

Pour préparer au mieux votre dossier en cas d’arnaque, Maître Aubane Malvezin, avocate en droit de la consommation et droit bancaire, barreau d’Aix-en-Provence, conseille de réunir un maximum de justificatifs : copies d’écran, journaux d’appels, documents, photos, etc. Il faut aussi faire une dénonciation écrite à votre banque rapidement pour garder une trace de la date à laquelle vous l’avez informée des faits.

Il est important de réagir vite et de formaliser sa plainte « chez les forces de l’ordre » pour éviter de tomber dans le piège d’un mail frauduleux. Selon Maître Malvezin, interrogée par Le Journal des Femmes, il ne faut « pas être trop ‘disant’ dans sa plainte car malheureusement, l’honnêteté ne paie pas ». Elle recommande de porter plainte uniquement pour l’escroquerie et de laisser la banque démontrer toute négligence.

Que faire si la banque refuse

Si la banque refuse de rembourser, elle proposera souvent de saisir le médiateur des services bancaires. Attention : ce médiateur est souvent débordé et peut prendre des mois, voire un an ou plus, pour répondre. En parallèle, il est conseillé de consulter une association de défense des droits des consommateurs, comme QUE CHOISIR ENSEMBLE, pour obtenir un premier avis, puis, si besoin, de voir un avocat spécialisé.

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