À trois heures du matin, vendredi 24 juillet 2026, les téléphones de toute la presqu’île du Cap-Ferret reçoivent au même instant un message FR-Alert ordonnant une évacuation immédiate, par la route ou par la mer. La préfecture de la Gironde vient d’activer ce dispositif pour vider tous les villages de la presqu’île.
Cinq jours plus tard, le bilan atteint 220 000 personnes déplacées en Gironde, soit l’équivalent de la population de Rennes, alerte le Sciencepost. Selon Laurent Nuñez, il est très probable qu’il s’agisse de l’opération d’évacuation civile la plus importante jamais menée en France hors conflit.
En Gironde seule, la préfecture évaluait la surface brûlée à 42 000 hectares dimanche 26 juillet à 4 heures, soit environ quatre fois Paris intra-muros.
Au moins 240 habitations ont été détruites, dont 170 au Porge, commune la plus touchée. L’incendie se trouve à 15 kilomètres de Bordeaux, mais le maire Thomas Cazenave a assuré qu’évacuer la ville n’était pas à l’ordre du jour.
Le Cap-Ferret évacué aussi par bateau
La D106 est la seule route menant à la pointe du Cap-Ferret, où s’entassent des dizaines de villages et dix fois plus de maisons individuelles. Ce goulot d’étranglement avait déjà été repéré lors des incendies de 2022, et un plan d’évacuation maritime avait été élaboré dès 2023 avec l’aide de bateliers. Il n’avait jamais été activé jusqu’au 24 juillet 2026.
Calibré pour évacuer entre 10 000 et 14 000 personnes en moins de 24 heures, ce plan a mobilisé des navettes depuis plusieurs jetées de la presqu’île, transformant un port de plaisance en gare maritime de crise. Plus de 400 personnes sont arrivées par bateau à la jetée d’Arcachon.
Vendredi 24 juillet, la station balnéaire de Lège-Cap-Ferret, habitants, a été évacuée à la fois par la route et par cette noria de bateaux, créant des embouteillages.
Un millier de pompiers, autant de militaires
La lutte contre les flammes a fait 42 blessés parmi les sapeurs-pompiers, dont neuf évacués, tous en urgence relative selon la préfecture. Un millier d’entre eux mènent ce que les autorités appellent une lutte acharnée, épaulés depuis vendredi soir 24 juillet par un millier de militaires, un renfort annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu à l’issue d’une cellule interministérielle de crise. 1 500 militaires ont été mobilisés à partir de samedi soir 25 juillet.
Environ 1,5 million de masques FFP2 ont été acheminés dans la nuit vers la Gironde pour protéger secours et habitants exposés, selon Lecornu, à des « fumées nocives pour la santé ». Un avion militaire A400M, capable de larguer 20 tonnes de produit retardant, a été engagé samedi 25 juillet.
Sur France 2, le lieutenant-colonel David Annotel, représentant de la Féd.




