Ces derniers jours, la France et l’Italie connaissent déjà les premières vagues de chaleur, parfois sous forme de canicule. Ces températures extrêmes posent la question de l’accès à l’eau et des obligations des restaurants à fournir de l’eau gratuite à leurs clients. La réglementation autour du sujet prend tout son sens, surtout pour prévenir des risques sanitaires comme la déshydratation.
Ce qui s’est passé en Italie
L’affaire d’une touriste italienne montre bien le décalage entre perception et loi. En 2019, lors d’un séjour dans un hôtel cinq étoiles des Dolomites, elle a demandé plusieurs fois de l’eau du robinet et s’est vu systématiquement refuser. On lui a proposé à la place une bouteille de 0,75 L à 7 €. Le personnel a expliqué qu’en Italie aucune loi n’oblige un établissement à fournir gratuitement de l’eau du robinet, et a donc rejeté sa demande. Saisi après un premier rejet par le Tribunal de Rome, la Cour de cassation italienne a finalement confirmé en avril dernier que l’hôtel était dans son droit. Ce dossier soulève des questions sur les droits des consommateurs dans des établissements de luxe.
Ce que dit la réglementation française
En France, la situation est différente, explique RMC. L’arrêté n°25-268 du 8 juin 1967 (qui traite du couvert dans les restaurants) impose que le couvert inclue de l’eau ordinaire gratuitement. L’article 4 précise que le couvert comprend « l’eau ordinaire, les épices ou ingrédients, et l’ensemble des produits ou articles usuellement mis à disposition du client à l’occasion des repas ». Autrement dit, tout client consommant dans un restaurant a le droit de demander et d’obtenir une carafe d’eau gratuite.
Depuis le 1er janvier 2022, une obligation d’information impose à tous les établissements, quelle que soit leur catégorie, d’indiquer de façon visible sur la carte ou sur un espace d’affichage que de l’eau potable gratuite peut être demandée par le consommateur. Le ministère de l’Économie précise sur son site que la gratuité s’applique aux personnes qui consomment dans l’établissement. En pratique, beaucoup d’établissements restent cependant flexibles, surtout quand la chaleur monte, tout comme les fontaines d’eau pétillante à Paris.
Sanctions et pratiques : comment ça se passe en France
Le non‑respect de cette obligation peut coûter cher. Par exemple, un restaurant d’altitude à Val Thorens a été condamné à une amende de 8 000 € en décembre 2025 pour avoir refusé de servir de l’eau gratuite et n’avoir proposé que des bouteilles payantes. Ce cas montre la fermeté de la Répression des fraudes pour faire respecter les droits des consommateurs.
En France, l’opinion publique est plutôt favorable à l’idée qu’un verre d’eau devrait être offert dans les restaurants et les bars. Certains établissements facturent toutefois l’eau aux non‑consommateurs pour éviter les abus, mais ils doivent alors afficher clairement le prix. Cette pratique, bien que marginale, vise à trouver un équilibre entre les contraintes commerciales et le service aux clients. Chaque lieu adopte sa propre approche de l’accueil et du service, en l’absence d’une règle européenne uniforme.





