La retraite progressive change d’échelle. Selon les chiffres communiqués le 28 octobre 2026 par Paul Bazin, directeur général de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), 46 000 retraites progressives ont été attribuées entre janvier et septembre, contre 22 000 sur la même période de 2025. Les attributions ont ainsi plus que doublé, alors que le dispositif reste soumis à des conditions d’âge, de carrière et de réduction d’activité.
Ces données ont été rapportées dans un entretien aux Échos et reprises par Boursorama avec Media Services le 28 octobre. Elles portent sur des attributions au cours de neuf mois, et non sur le nombre total de personnes bénéficiant du dispositif à une date donnée.
Une formule qui permet de travailler moins avant la retraite complète
La retraite progressive permet de conserver une activité professionnelle réduite tout en percevant une fraction de sa retraite de base et complémentaire. Pour les salariés du privé, l’accès est ouvert dès 60 ans, avec au moins 150 trimestres validés dans les régimes de base et une activité à temps partiel comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet.
La part de pension provisoire versée correspond à la réduction de l’activité. Un salarié qui travaille à 60 % d’un temps plein peut, par exemple, percevoir 40 % de la pension provisoirement calculée, en plus de son salaire à temps réduit. Le montant effectivement perçu dépend de ses droits et de sa rémunération. La fiche de l’Assurance retraite détaille les conditions et le mode de calcul.
L’abaissement de l’âge d’accès à 60 ans pour les pensions progressives prenant effet depuis septembre 2025 a élargi les possibilités de transition en fin de carrière. Les nouvelles données de la Cnav montrent un recours beaucoup plus important, mais ne permettent pas, à elles seules, d’attribuer toute la hausse à une seule réforme ou d’en mesurer les effets sur la santé ou l’emploi des seniors.
La demande de temps partiel et celle de pension sont distinctes
La première étape pour un salarié consiste à organiser la réduction de son temps de travail avec l’employeur. Une demande de passage à temps partiel doit être formulée ; selon les règles rappelées par l’Assurance retraite, l’absence de réponse de l’employeur dans les deux mois vaut acceptation. Le salarié doit ensuite constituer sa demande de retraite progressive auprès des régimes concernés.
La démarche peut être effectuée en ligne au moyen du service « Demander ma retraite progressive », qui permet une demande unique pour les régimes de base et complémentaires. L’organisme recommande de la déposer cinq mois avant la date souhaitée. Les travailleurs indépendants disposent aussi d’un mécanisme de retraite progressive, mais les conditions de réduction de revenus et le calcul diffèrent de ceux des salariés.
Pendant la période de retraite progressive, les cotisations continuent de générer des droits. La retraite définitive sera recalculée au moment du départ complet. Il faut toutefois déposer une nouvelle demande pour obtenir cette retraite définitive : le passage ne s’effectue pas automatiquement.
Un afflux plus large de dossiers de départ
La Cnav prévoit de traiter environ 905 000 dossiers de départ à la retraite sur l’ensemble de 2026, soit 70 000 de plus qu’en 2025, selon les déclarations de son directeur général. Il s’agit d’une prévision annuelle, pas d’un décompte définitif. L’évolution est liée notamment à la suspension du calendrier de relèvement de l’âge légal issu de la réforme de 2023, qui a avancé de quelques mois les possibilités de départ de certaines générations.
Malgré cette activité accrue, le directeur général de la Cnav indique que plus de 95 % des assurés perçoivent leur pension dans les délais prévus. Pour les personnes envisageant une retraite progressive, la hausse du nombre d’attributions ne dispense pas de vérifier leur relevé de carrière, de calculer la combinaison entre salaire et pension et d’anticiper les démarches auprès de l’employeur et des caisses.
