L’emploi salarié du secteur privé a diminué de 25 800 postes entre juin et septembre 2026, soit un recul de 0,1 %, selon l’estimation flash publiée le 30 octobre par l’Insee. L’institut souligne le rôle important des contrats en alternance, très majoritairement des contrats d’apprentissage, dans cette diminution. Dans le même temps, les effectifs intérimaires augmentent de 8 900 postes.
L’alternance contribue fortement à la baisse de l’emploi
Au troisième trimestre, les effectifs salariés du privé se replient à peu près au même rythme qu’au deuxième trimestre, où 24 300 postes avaient été perdus selon les données révisées. Sur un an, le solde atteint 69 800 emplois en moins, soit une diminution de 0,3 %. C’est le septième trimestre consécutif de baisse sur un an.
L’Insee identifie les contrats en alternance comme un facteur important du recul trimestriel, sans fournir dans cette première estimation une ventilation chiffrée de leur contribution. Il serait donc prématuré d’attribuer la totalité des pertes d’emploi à l’apprentissage ou d’en déduire, à partir de ces seuls chiffres, une cause réglementaire précise.
Par rapport au sommet atteint au premier trimestre 2024, l’emploi privé compte 148 400 postes de moins. Son niveau demeure néanmoins supérieur de 982 100 emplois à celui de la fin 2019. Ces deux comparaisons éclairent des horizons différents : une érosion depuis deux ans, mais un niveau d’effectifs toujours plus élevé qu’avant la crise sanitaire.
L’intérim gagne près de 9 000 postes
Le contraste vient de l’intérim. Après une baisse de 6 700 postes au deuxième trimestre, les effectifs repartent à la hausse de 8 900 emplois, soit +1,3 % au troisième. Cette amélioration ne suffit pas à effacer le recul accumulé depuis 2019 : l’emploi intérimaire reste inférieur de 67 600 postes à son niveau d’avant-crise sanitaire.
Cette divergence mérite une lecture prudente. L’intérim peut répondre à des besoins de main-d’œuvre de courte durée, mais sa hausse trimestrielle ne prouve pas, à elle seule, que les entreprises remplacent des contrats durables par des missions temporaires. Les données de l’Insee comptabilisent d’ailleurs les intérimaires dans le secteur qui les emploie administrativement, et non dans celui de l’entreprise où ils effectuent leur mission.
Construction, industrie et agriculture continuent de perdre des postes
Les baisses concernent plusieurs activités. La construction perd 6 100 emplois privés au troisième trimestre, soit -0,4 %, et 25 200 sur un an. Dans l’industrie, les effectifs hors intérim reculent de 6 400 postes sur trois mois, tandis que l’agriculture en perd 6 000. Le tertiaire marchand hors intérim affiche également un léger recul, de 12 000 postes.
Pour les personnes en recherche d’emploi ou de formation, ces résultats ne décrivent pas uniformément toutes les professions et tous les territoires. Une baisse nationale des effectifs ne signifie pas qu’aucune entreprise ne recrute. Inversement, le rebond de l’intérim ne garantit pas une amélioration durable des possibilités d’embauche.
Des résultats provisoires à confirmer fin novembre
Ces estimations portent sur les salariés du secteur privé en France hors Mayotte. Elles reposent principalement sur une exploitation anticipée des déclarations sociales nominatives, en partenariat avec l’Urssaf et la Dares. Les résultats détaillés du troisième trimestre sont attendus le 27 novembre 2026 : ils permettront de préciser les évolutions observées dans cette première photographie.
La baisse de l’emploi privé ne doit pas non plus être confondue avec celle du nombre de demandeurs d’emploi : ces indicateurs ne couvrent ni les mêmes populations ni les mêmes situations. Pour mesurer l’accès à l’emploi des jeunes, notamment après un contrat d’apprentissage, il faudra rapprocher les statistiques d’effectifs des données propres aux entrées et sorties de formation.
