Un billet de 5 euros peut valoir jusqu’à 5 000 euros aux yeux des collectionneurs, selon son numéro de série. Un exemplaire portant le numéro SC1111111111, composé uniquement du chiffre 1, a déjà été estimé autour de ce montant sur le marché des collectionneurs, confirme Presse Citron.
Dans certains cas extrêmes, un billet de 5 euros peut valoir mille fois sa valeur faciale. Pour la Banque centrale européenne et la Banque de France, il reste pourtant un simple moyen de paiement de 5 euros : la valeur ajoutée vient uniquement du regard des numismates, ces collectionneurs spécialisés dans les monnaies et billets.
La distinction est nette. La valeur officielle correspond à la valeur faciale inscrite sur le billet, 5, 10 ou 20 euros selon la coupure. La valeur « de collection », elle, dépend uniquement de l’offre et de la demande entre collectionneurs. Quand une combinaison rarissime se conjugue à un état presque neuf, les enchères peuvent s’envoler.
Des billets de 100 ou 200 euros affichant un défaut de fabrication exceptionnel ont dépassé 10 000 euros en salle des ventes. Les records proviennent souvent de l’ancienne série, dite série 2002, dont la fabrication était moins uniforme. Ces montants restent toutefois l’exception absolue : sur les milliards de billets en euros émis par la BCE, seule une poignée coche toutes les cases recherchées. Pour la plupart des détenteurs, un billet de 5 euros restera un simple billet de 5 euros.
Les critères qui font grimper la cote
Au dos de chaque billet, le numéro de série commence par une lettre suivie de 11 chiffres. Plusieurs combinaisons attirent particulièrement les collectionneurs :
- tous les chiffres identiques
- les palindromes qui se lisent dans les deux sens
- les suites logiques comme 123456789
- ou encore des séries de 777777 ou 888888
Le code d’impression au recto compte également, certains ateliers n’ayant produit que très peu d’exemplaires. Les signatures de certains présidents de la BCE sont aussi recherchées, en particulier celle de Wim Duisenberg, apposée sur les premiers billets en euros. Une vraie erreur d’impression, encre nettement décalée, éléments doublés, absence visible de signature ou marges très désaxées, peut faire exploser la cote d’un exemplaire.
À l’inverse, les petites taches ou usures dues à la circulation ne jouent pas en faveur de la valeur. L’état général joue aussi un rôle majeur : un billet neuf de caisse, bien plat, sans pli ni annotation ni agrafe, se vend toujours plus cher que le même exemplaire abîmé, même avec un numéro de série intéressant.
Comment vérifier son propre billet
Avant toute chose, il faut s’assurer de l’authenticité du billet. Le papier doit être ferme au toucher, le filigrane visible par transparence, la bande de sécurité bien présente. Le chiffre émeraude, qui change de couleur quand on incline le billet, doit apparaître sur les séries récentes.
Il suffit ensuite de retourner le billet et d’examiner le numéro de série au dos, à la recherche d’un motif régulier ou d’une suite propre. En cas de doute, mieux vaut prendre des photos nettes du recto et du verso, avec un gros plan sur le numéro de série, le code d’impression et tout défaut inhabituel.
Des groupes de collectionneurs et des forums spécialisés peuvent donner un premier avis. Seule l’expertise d’un numismate ou d’une maison de ventes reconnue permet une estimation sérieuse. Mieux vaut aussi se méfier des annonces en ligne affichant des prix délirants sans explications précises ni certificat.
Enfin, un billet qui paraît intéressant ne doit subir ni pli supplémentaire, ni agrafe, ni coup de stylo, ni tentative de nettoyage : chaque trace en moins représente de la valeur préservée.
