Incendie de Gironde : le feu stabilisé mais pas fixé, les pompiers expliquent pourquoi cela peut faire toute la différence

42 000 hectares stabilisés, mais quatre foyers résistent encore. Biganos et Lacanau retrouvent leurs habitants, tandis qu’au Porge, 183 maisons ne sont plus que cendres. Le récit poignant d’un territoire qui panse ses plaies.

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Incendie de Gironde : le feu stabilisé mais pas fixé, les pompiers expliquent pourquoi cela peut faire toute la différence
Incendie de Gironde : le feu stabilisé mais pas fixé, les pompiers expliquent pourquoi cela peut faire toute la différence © Social Mag

Le mégafeu qui ravage la Gironde depuis plus d’une semaine est stabilisé et contenu dans son périmètre depuis ce vendredi 31 juillet 2026. La surface brûlée n’a pas évolué : elle reste fixée à 42 000 hectares de forêt.

Cette stabilisation intervient après une nuit plus clémente. Selon le lieutenant-colonel Eric Pitault, chargé de la communication du SDIS de Gironde, « les conditions météo ont été plus favorables », avec une baisse des températures et un taux d’humidité élevé qui ont permis aux pompiers de travailler sans relâche.

Il reste toutefois trop tôt pour dire quand l’incendie sera définitivement fixé, et le SDIS refuse pour l’instant de parler de phase d’accalmie tant les températures demeurent élevées et les végétaux secs.

Quatre foyers actifs, un verrou à Claouey

Vendredi matin, quatre points chauds restaient identifiés : un sur Lanton, un sur Lège dans le secteur Grand Sud Grand Crohot, un sur Le Porge en zone dunaire et un au sud de Lacanau. Des secteurs actifs persistent aussi sur Claouey.

« Ces points chauds vont attirer notre attention toute la journée », a expliqué Pitault, précisant que des voies d’accès spécifiques, les « pénétrantes », sont créées avec le concours de la DFCI pour atteindre les foyers situés à l’intérieur du massif.

L’un des objectifs du jour consiste à faire sauter le verrou de Claouey, ce point chaud en zone dunaire qui empêche encore la réouverture de la presqu’île de Lège-Cap-Ferret. Le maire de la commune s’est fait présenter la situation en détail au PC pompiers ce vendredi.

Sur la zone dunaire, les pompiers ont mené dans la matinée des actions combinées de forestage et de traitement des lisières.

Le retour autorisé à Biganos, Audenge et Lacanau

La préfète de la Gironde a autorisé, à partir de midi ce vendredi, le retour des habitants évacués de Biganos et Audenge, à l’exception des quartiers de Lubec et de la pointe Emile, jugés trop proches du foyer actif. À Lacanau, les vacanciers évacués des campings, résidences de tourisme, villages vacances et parcs de loisirs peuvent également regagner leur hébergement, sauf dans les quartiers de Mistre et des Andrauts.

Ces trois communes s’ajoutent aux 12 déjà réintégrées : Eysines, Mérignac, Le Haillan, Mios, Le Barp, Cestas, Saint-Jean-d’Illac, Martignas-sur-Jalle, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-de-Médoc, Salaunes et Sainte-Hélène. L’accès à Marcheprime reste en revanche interdit. Pour rejoindre Audenge, Biganos et Lacanau depuis Bordeaux, un itinéraire est imposé : A63 vers Bayonne, puis A660 vers Arcachon, sortie Biganos, puis RD3.

La préfecture demande aux habitants réintégrant leur domicile de ne pas couper leur téléphone, de suivre les consignes des forces de l’ordre et de rester prêts à une nouvelle évacuation. « Si les conditions de sécurité venaient à l’exiger, de nouvelles mesures d’évacuation pourraient être envisagées », prévient-elle.

Côté transports, aucun TGV ne circule jusqu’à dimanche au sud de Bordeaux, hormis les liaisons vers Agen et Toulouse ; la SNCF envisage une reprise après des états des lieux des voies menés par des trains de reconnaissance.

Deux pompiers en mémoire, 308 interpellations

Environ 3 000 sapeurs-pompiers sont engagés sur l’incendie. Une minute de silence a été observée à 9 h 30 dans toutes les casernes de Gironde, ainsi qu’au PC pompiers de Lège, en hommage à Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter, morts la semaine précédente en intervention sur un feu virulent aux abords de l’aéroport de Mérignac.

« La Gironde est en deuil », a déclaré le lieutenant-colonel Olivier Chavatte, commandant des opérations au PC de Lège. Pitault a évoqué de son côté une « obligation morale » de rendre hommage à ses deux collègues en éteignant ce feu. Au total, 200 000 personnes ont été évacuées à cause des feux de forêt dans le sud-ouest.

L’enquête sur les départs de feux progresse en parallèle : 308 personnes ont été interpellées sur l’ensemble du territoire français, dont 33 sont incarcérées, en détention provisoire ou déjà condamnées, parfois à de la prison ferme. Dans un entretien à RTL, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a jugé ce chiffre « très élevé, surtout quand on sait que dans deux tiers des cas, on est sur des interpellations pour des motifs criminels, c’est-à-dire des mises à feu volontaires ».

Les propriétaires de la parcelle forestière d’où est parti l’incendie de Saumos ont porté plainte contre l’entreprise soupçonnée de l’avoir accidentellement déclenché, selon l’AFP.

Renforts venus d’Ukraine et de Suède

L’Ukraine a annoncé l’envoi en France de 70 secouristes et 15 véhicules spécialisés, un déploiement discuté la veille entre le ministre de l’Intérieur ukrainien Ivan Vyguivsky et Laurent Nuñez. « Ce matin, des sauveteurs ukrainiens sont partis pour la France afin d’aider à lutter contre les incendies de forêt », a écrit Vyguivsky sur Telegram.

Le renfort pourrait être accru par l’envoi d’appareils du Service d’urgence ukrainien selon les besoins. Deux avions suédois, arrivés dans le cadre des renforts européens RescEU, bombardent le feu de Gironde depuis six jours sous la direction de l’officier Markus Green.

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