Les aides personnalisées au logement (APL) vont connaître un tournant en 2026. Un vote au Sénat début décembre a lancé ces changements, motivés par la volonté du gouvernement de réaliser des économies budgétaires. Les nouvelles mesures vont entraîner des modifications notables, notamment pour les étudiants étrangers, et vont geler la revalorisation habituelle des aides. Ces ajustements posent beaucoup de questions sur leurs effets pour les bénéficiaires. « Deux grandes mesures sont à retenir », a relayé le journal La Dépêche. Pour beaucoup, ces décisions résonnent avec les mots prudents du Sénat : « Il faudra se serrer un peu plus encore la ceinture, surtout après les fêtes de fin d’année. »
Qui touche les APL et comment elles fonctionnent
Les APL, ou aides personnalisées au logement, sont versées par la Caisse d’allocations familiales (Caf) et la Mutualité sociale agricole (MSA). Elles ont pour but d’aider les locataires, étudiants, salariés ou sans emploi, à payer leur loyer. Aujourd’hui, environ 5,8 millions de ménages bénéficient de cette aide. On souligne aussi que ces aides font partie des dispositifs les plus redistributifs de l’État. Les mesures votées concernent notamment les étudiants étrangers, les étudiants non-européens (hors Union européenne) et potentiellement des étudiants issus de foyers aisés.
Ce que le Sénat a voté
La première mesure phare prévoit un gel de l’aide pour les étudiants étrangers. À cela s’ajoute une condition: les étudiants non-européens devront justifier de conditions de résidence pour prétendre aux APL. Ce durcissement des conditions touchera environ dix mille allocataires. En validant ce tour de vis, le Sénat vise à faire économiser à l’État « un peu plus de 100 millions d’euros. ». La majorité a voté favorablement malgré des amendements déposés par les groupes de gauche et le groupe RDSE, qui demandaient de supprimer la revalorisation de l’AAH.
La deuxième modification importante concerne l’absence de revalorisation aides logement. En 2026, les montants resteront figés au niveau de 2025, sans indexation sur « une éventuelle reprise de l’inflation ». Le gouvernement table sur 108 millions d’euros d’économies grâce à ce gel. Les bénéficiaires percevront donc exactement la même somme que l’année précédente, ce qui risque de peser sur leur pouvoir d’achat. Le sénateur écologiste Ronan Dantec a critiqué cette mesure, la qualifiant de « contresens historique évident » et de « vision décliniste de la France ».



