Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné, jeudi, l’annulation de la saisie conservatoire de 40 millions d’euros que l’agente d’influenceurs Magali Berdah avait obtenue sur les droits d’auteur du rappeur Booba. D’après une décision consultée par l’AFP, le juge d’exécution a estimé que la fondatrice de Shauna Events n’avait pas suffisamment démontré l’existence d’un préjudice lié aux agissements du rappeur.
Le tribunal relève par ailleurs que la situation financière de son entreprise, spécialisée dans la gestion d’influenceurs, était déjà « fortement négative » avant même la survenue des faits reprochés à Booba.
Une saisie obtenue sur la base d’accusations de cyberharcèlement
Magali Berdah accusait Booba d’avoir cyberharcelé et menacé les marques travaillant avec ses sociétés, dont Shauna Events (fondée en 2016), pour les pousser à rompre leurs collaborations. Elle lui imputait un lourd préjudice financier et avait obtenu, sur cette base, une saisie conservatoire de 40 millions d’euros sur les droits d’auteur du rappeur.
Cette mesure avait ensuite été contestée par la défense de Booba lors d’une audience tenue le 24 juin. Les avocats du rappeur y avaient dénoncé « un cumul de mensonges par omission » de la part de l’entrepreneuse.
Berdah condamnée à verser 15 000 euros à Booba
Le juge d’exécution a en outre condamné Magali Berdah à verser 15 000 euros de dommages et intérêts à Booba, une somme qui correspond exactement à la demande formulée par la défense du rappeur. Le magistrat estime qu’elle a nui à la réputation professionnelle de Booba en « alimentant abondamment les médias » sur sa requête de saisie.
Cette décision ne clôt pas pour autant les procédures opposant les deux parties. Un procès pénal distinct se tiendra en mars 2027 : des juges d’instruction ont renvoyé Booba devant le tribunal correctionnel pour avoir cyberharcelé personnellement Magali Berdah pendant trois ans, des faits que le rappeur conteste.
Magali Berdah, de son côté, refuse de considérer cette décision comme définitive. Elle a indiqué avoir « immédiatement demandé à [ses] avocats de contester cette décision ». Selon elle, le juge d’exécution ne s’est prononcé que sur une mesure provisoire, et non sur le fond de l’affaire.
« Le fond, lui, sera jugé, affirme-t-elle. Et nous démontrerons, pièce par pièce, ce que tout le monde a vu en direct : des centaines de publications devant des millions d’abonnés, des marques menacées une à une, des années de déferlement organisé et un préjudice économique considérable qui en est la conséquence directe. »
Elle a conclu, catégorique : « J’exige la réparation intégrale de ce qu’il a détruit. »



