La France exprime « son profond regret » après la réintégration des Russes aux JO 2028 : les diplomates n’excluent pas un boycott partiel

Sans hymne ni drapeau, mais de retour sur les tatamis olympiques : les athlètes russes retrouvent une place aux JO 2028. Paris hausse le ton, Kiev dénonce, Moscou jubile. Que cache vraiment ce compromis fragile ?

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La France exprime « son profond regret » après la réintégration des Russes aux JO 2028 : les diplomates n'excluent pas un boycott partiel
La France exprime « son profond regret » après la réintégration des Russes aux JO 2028 : les diplomates n’excluent pas un boycott partiel © Social Mag

Les sportifs russes pourront de nouveau viser les Jeux olympiques. La commission exécutive du Comité international olympique, réunie mardi 7 juillet à Lausanne, a décidé de lever à titre provisoire la suspension du Comité olympique russe, plus de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine. Les athlètes concernés pourront désormais viser les Jeux olympiques 2028 de Los Angeles, y compris dans les sports collectifs.

La réintégration reste toutefois partielle. Contrairement aux Bélarusses, pleinement réintégrés début mai, les Russes ne retrouveront pas dans l’immédiat leur hymne ni leur drapeau national. Le CIO tranchera plus tard sur l’usage de ces symboles.

Des contrôles renforcés, mais plus de vérifications politiques

Chaque athlète russe souhaitant reprendre les compétitions internationales devra passer plusieurs contrôles antidopage préalables, sous la surveillance de l’Agence de contrôles internationale. En revanche, deux points ne seront plus examinés : les liens éventuels avec l’armée ou les services de sécurité, et les positions individuelles sur la guerre en Ukraine.

Les athlètes sélectionnés devront tout de même « servir de modèles » et promouvoir une société pacifique par le sport, selon les termes retenus par l’instance olympique.

Aucun événement olympique ne sera organisé en Russie, et les représentants de l’État russe ne seront pas invités aux compétitions. La présidente du CIO, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, a justifié cette ouverture par la volonté de dissocier les sportifs de leur gouvernement : « Nous voulions garantir à tous les athlètes la possibilité de participer aux Jeux olympiques et de ne pas être tenus responsables des actes de leur gouvernement. »

Quatre ans d’exclusion depuis l’automne 2023

La Russie n’avait participé ni aux JO de Paris 2024, ni aux JO d’hiver 2026 de Milano-Cortina. Cette mise à l’écart faisait suite à une décision prononcée à l’automne 2023 par le CIO. Une exception avait néanmoins été accordée à quinze sportifs, autorisés à concourir sous bannière d’« athlète individuel neutre ».

La décision du CIO ne fait pas l’unanimité chez les fédérations internationales. World Athletics maintient l’exclusion totale des athlètes russes et bélarusses, faute selon elle d’« avancée concrète vers des négociations de paix ». D’autres disciplines ont pris une direction opposée : le judo et la natation ont déjà réintégré les sportifs des deux pays.

La ministre des Sports et de la Jeunesse, Marina Ferrari, a réagi dans un communiqué publié mardi soir. Elle dit « prendre acte » de la décision de la commission exécutive du CIO, tout en la jugeant regrettable. « La France exprime son profond regret face à une décision qui tend à normaliser la situation actuelle en dépit de sa gravité », écrit-elle, rappelant que la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine se poursuit « en violation du droit international » et continue de faire chaque jour de nouvelles victimes.

D’après franceinfo, la ministre réaffirme sa vigilance sur le respect des principes fondamentaux du sport international : « Les garanties en matière d’équité sportive, d’intégrité des compétitions et de lutte contre le dopage devront être pleinement assurées. » Elle estime que la réaction à cette décision doit être portée au niveau européen, et annonce qu’elle « engagera sans délai un dialogue avec l’ensemble de nos partenaires européens ».

La France demandera que le sujet soit inscrit à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres des Sports de l’Union européenne.

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