Le Parlement européen a adopté une réforme des règles encadrant le permis de conduire dans l’Union européenne. Elle concerne directement les automobilistes de plus de 65 ans, qui devront désormais prouver leur aptitude à conduire au moment du renouvellement de leur titre.
Le texte, validé en octobre 2025, s’inscrit dans un ensemble de mesures proposées par la Commission européenne pour atteindre l’objectif de zéro décès routier dans l’Union d’ici 2050, avec une étape intermédiaire : diviser par deux le nombre de morts sur les routes d’ici 2030. En 2024, près de 20 000 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route en Europe, dont 3 193 en France.
La fin du permis à vie, une validité désormais limitée à 15 ans
Dans l’ensemble de l’Union, la durée maximale de validité des permis pour les voitures et les motos passe à 15 ans. Dans les pays où le permis sert aussi de pièce d’identité nationale, comme la France, cette durée pourra être réduite à 10 ans si l’État concerné en décide ainsi.
Pour les chauffeurs de bus et les conducteurs de poids lourds, le permis ne sera valable que 5 ans. Les États membres pourront aussi raccourcir davantage la durée de validité des permis des automobilistes de plus de 65 ans, afin d’imposer des contrôles médicaux ou des stages de remise à niveau plus fréquents.
Concrètement, lors du renouvellement, les conducteurs de 65 ans et plus devront passer une visite médicale obligatoire. Les États membres garderont toutefois une marge de manœuvre : ils pourront remplacer cet examen par des formulaires d’autoévaluation ou par d’autres dispositifs nationaux intégrant des contrôles de santé obligatoires.
La réforme touche aussi les plus jeunes. À partir de 2030, les Européens pourront obtenir un permis de catégorie B dès 17 ans, mais devront rouler accompagnés d’un conducteur expérimenté jusqu’à leurs 18 ans. Un recul par rapport à la réforme française de 2024, qui autorise déjà les jeunes de 17 ans à conduire seuls une fois le permis obtenu.
Une première victoire pour les associations françaises
Pauline Déroulède milite depuis 2018 pour l’instauration de visites médicales d’aptitude à la conduite. Cette sportive a perdu sa jambe gauche à Paris après avoir été renversée par un conducteur nonagénaire, un drame à l’origine de son engagement. Dans un entretien à l’Agence France-Presse, elle a confié : « Je suis très émue de cette nouvelle, très reconnaissante aussi du Parlement européen, c’est une première victoire. Ça donne du sens à tout cet investissement depuis sept ans maintenant. »
Le collectif « Sauver des vies, c’est permis » s’est aussi félicité du vote. Sa porte-parole, Floraine Jullian, parle d’une « énorme victoire dans la reconnaissance des dégâts que peut causer l’inaptitude à la conduite ». Elle appelle la France à instaurer ces visites médicales pour l’ensemble des conducteurs, et pas seulement pour les plus de 65 ans.
Aucune loi française définitive n’impose pour l’instant de contrôle médical systématique aux seniors. La réforme européenne doit d’abord être transposée dans le droit national dans les prochaines années. Plusieurs propositions discutées en France évoquent des contrôles renforcés après 70 ans, avec des visites médicales tous les cinq ans, puis tous les deux ans passé 75 ans.
