La sécurité routière fait de plus en plus parler d’elle avec le dépôt récent d’une proposition de loi qui prévoit de mettre en place des visites médicales régulières pour garder son permis. Déposée le 1er avril 2025 par une centaine de députés de tous bords politiques, cette initiative vise à limiter les accidents liés à la santé des conducteurs. Alors que la France reste l’un des rares pays européens à ne pas imposer ce type de contrôle après l’obtention du permis, cette proposition pourrait bien changer la donne.
Des visites santé pour rouler tranquille
La nouvelle loi propose une visites médicales obligatoires tous les 15 ans pour tous les conducteurs, avec une fréquence renforcée pour les seniors : une visite tous les cinq ans dès 70 ans. Ces contrôles permettront de vérifier la vue, l’ouïe, les capacités cognitives et le suivi des maladies chroniques qui peuvent gêner la conduite. Le médecin fera parvenir son avis à la préfecture, qui décidera ensuite de conserver, de renouveler ou de suspendre le permis.
Les conducteurs qui présentent des pathologies telles que l’épilepsie, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), le diabète ou encore les troubles du cœur devront passer un contrôle spécifique avant chaque renouvellement. Par ailleurs, la préfecture pourra demander une visite médicale si un proche ou un professionnel de santé en fait la demande.
Un suivi déjà en place pour certains conducteurs
Aujourd’hui, seuls les conducteurs professionnels – chauffeurs de bus, de taxi et de poids lourds – doivent passer un contrôle médical régulier : tous les cinq ans avant 60 ans, puis chaque année dès 76 ans. Ces examens permettent de s’assurer qu’ils possèdent toujours les capacités physiques et mentales nécessaires pour assurer la sécurité sur les routes.
Pour certaines interventions, comme les chirurgies oculaires ou en cas d’épilepsie, des contrôles réguliers sont déjà obligatoires. Si l’avis médical est défavorable à l’issue de ces examens, le permis peut être suspendu. À noter que, même en cas de surdité totale par exemple, il reste possible d’obtenir un permis en France.
Les débats s’animent
La proposition a fait lever bien des bras. Parmi ses partisans, on compte 85 députés, dont Frédéric Valletoux, qui met en avant la prévention des troubles visuels et cognitifs pouvant provoquer de graves accidents. Des collectifs comme « Sauver des vies » dénoncent le permis à vie en rappelant plusieurs drames impliquant des conducteurs âgés.
En revanche, l’association « 40 millions d’automobilistes » refuse catégoriquement cette réforme, arguant que le permis reste indispensable notamment dans les zones rurales où les transports en commun peinent à répondre aux besoins. Ils insistent aussi sur le respect des libertés individuelles face aux mesures proposées, ce qui alimente le débat sur l’âge.
Un regard sur l’Europe et la suite
À l’échelle européenne, 14 pays ont déjà adopté des règles semblables en instaurant des contrôles médicaux réguliers après l’obtention du permis. Des pays comme l’Espagne, la Finlande, le Portugal et le Danemark font partie des pionniers dans ce domaine depuis plusieurs années.
Si le Parlement français adopte cette réforme, elle pourrait entrer en vigueur dès 2030, transformant ainsi la manière de gérer le permis de conduire sur le territoire. En 2024, on a enregistré 531 décès chez les 18-24 ans, et cette loi pourrait aider à rendre la route plus sûre.
L’avenir dira si cette mesure sera mise en place et comment elle se traduira sur nos routes et dans notre quotidien. La proposition interroge profondément notre façon d’équilibrer sécurité routière et libertés individuelles.

