Grève des dockers : de la France à l’Inde, une mobilisation coordonnée sur cinq continents

Le 30 octobre, des syndicats portuaires ont coordonné arrêts de travail et rassemblements de la France à l’Inde, en passant par la Grèce et le Maroc. Leur mobilisation contre le transport d’armes met aussi en avant les salaires, la sécurité des marins et l’avenir des emplois face à l’automatisation.

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Grève des dockers : de la France à l’Inde, une mobilisation coordonnée sur cinq continents © Social Mag

Le 30 octobre 2026, des syndicats de dockers ont organisé une journée de grèves et de rassemblements sur plusieurs continents, notamment en France, en Grèce, en Italie, au Maroc et en Inde. Au-delà de leur opposition au transport d’armes par les ports civils, les salariés ont porté des revendications sur les salaires, la sécurité au travail et l’automatisation des terminaux.

La mobilisation a relié des travailleurs de ports qui opèrent habituellement dans des cadres sociaux et juridiques très différents. Dans un bilan publié le 31 octobre, le syndicat italien Unione Sindacale di Base (USB) fait état d’environ 115 ports concernés dans 22 pays et régions répartis sur cinq continents. Ce décompte est celui des organisateurs : l’ampleur des arrêts de travail a varié d’un terminal à l’autre.

Une journée commune, des formes d’action différentes

La coordination avait été annoncée par plus de 25 organisations syndicales. Les appels prévoyaient des grèves de vingt-quatre heures dans plusieurs pays, dont la France, l’Italie, la Grèce, la Turquie et l’Inde, mais aussi des débrayages plus courts et des rassemblements ailleurs. Le programme détaillé par l’USB le 28 octobre mentionnait notamment les ports de Casablanca et Tanger au Maroc, Veracruz au Mexique, Melbourne en Australie et Hambourg en Allemagne.

Au Pirée, en Grèce, environ 3 000 travailleurs ont participé au mouvement, selon les informations recueillies par Reuters le 30 octobre. Des opérations de fret et des liaisons maritimes ont été interrompues. En Italie, l’action portuaire s’est inscrite dans une journée de grève plus large, accompagnée de manifestations dans de nombreuses villes.

En France, une mobilisation sociale dans 24 ports

La fédération CGT des ports et docks avait appelé à un arrêt de travail dans 24 ports français, du Havre à Marseille-Fos, en passant par Dunkerque, Saint-Nazaire et La Réunion. Les salariés contestaient à la fois les orientations budgétaires nationales, l’évolution de leurs métiers et l’utilisation des infrastructures portuaires pour la logistique militaire.

Les effets observés ont été contrastés. Au Havre, un responsable CGT a indiqué à l’AFP, dans un reportage publié par TV5MONDE, que les opérations de chargement et de déchargement étaient arrêtées. La direction d’Haropa Port a toutefois décrit un impact global limité, avec huit escales retardées et une escale de croisière annulée. Ces observations permettent de distinguer les perturbations effectivement constatées des prévisions de paralysie annoncées avant la grève.

Salaires, automatisation et risques liés aux conflits

La contestation ne portait pas uniquement sur les cargaisons militaires. Dans son communiqué du 28 octobre, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) soutenait les revendications sur les rémunérations, les conditions de travail et les conséquences de l’automatisation. Les syndicats réclament davantage de garanties pour les emplois portuaires, alors que les terminaux multiplient les équipements automatisés.

La sécurité des équipages figure également parmi les préoccupations. Reuters rapporte que des représentants syndicaux ont évoqué les attaques contre les navires dans les zones de conflit et demandé un meilleur accompagnement médical à bord. Ces revendications lient les conditions quotidiennes de travail aux risques auxquels les marins et les dockers peuvent être exposés.

Pour les salariés français, la journée du 30 octobre illustre une évolution du dialogue social portuaire : les questions de rémunération, de transformation technologique et de choix stratégiques des infrastructures sont désormais portées dans une coordination internationale. Les organisations françaises inscrivent par ailleurs leur mobilisation dans le calendrier social national, avec un nouvel appel interprofessionnel à la grève le 5 novembre.

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