Une maladie grave, une dépression ou un handicap peuvent bouleverser un budget au point de compromettre le paiement du loyer. Dans une note publiée le 27 octobre 2026, la Fondation pour le Logement décrit le double lien entre difficultés de santé et expulsions locatives : la maladie peut contribuer à l’endettement, tandis que la perte du logement fragilise à son tour la santé et la vie sociale.
Selon le bilan présenté par la Fondation, la part des impayés liés à la santé dans les situations suivies par sa plateforme Allô Prévention Expulsion atteint 34 % en 2026, contre une moyenne de 24 % depuis 2009. Ces chiffres décrivent l’activité de ce dispositif d’accompagnement, et non l’ensemble des locataires français.
Quand la santé devient un facteur de dette locative
Une interruption de travail, des frais supplémentaires ou une diminution durable des ressources peuvent rapidement déstabiliser un ménage. La Fondation cite également les difficultés psychiques et les situations de handicap parmi les circonstances qui compliquent le maintien dans un logement.
Une étude menée en 2025 auprès de la commission parisienne de coordination des actions de prévention des expulsions (CCAPEX) a relevé un problème de santé dans 62 % des situations examinées. Parmi les ménages de cette étude présentant un tel problème, la santé était à l’origine de la procédure d’expulsion dans 29 % des cas, tandis que l’expulsion apparaissait comme un facteur déclencheur de maladie dans 19 %. Le périmètre parisien et la sélection des dossiers invitent à lire ces proportions comme des observations de terrain, pas comme des statistiques nationales.
Dans l’Espace Solidarité Habitat de l’association, les difficultés de santé représentaient en 2025 22 % des causes de constitution d’une dette locative chez les ménages accompagnés, au même niveau que la perte d’emploi.
Perdre son logement peut aussi déstabiliser le travail et la scolarité
La Fondation rappelle les résultats d’une étude qu’elle avait initiée en 2022 : un tiers des personnes expulsées interrogées avaient perdu leur emploi à la suite de l’expulsion ; 43 % des enfants concernés avaient subi des répercussions négatives sur leur scolarité. Un à trois ans plus tard, plus d’un tiers des personnes étudiées n’avaient pas retrouvé de logement.
La note décrit également des ruptures de soins et des séquelles physiques ou psychologiques. L’association demande un nouveau plan national de prévention des expulsions et davantage de logements sociaux, en insistant sur le repérage des difficultés avant que la dette ne s’aggrave.
Trêve hivernale : quelles protections à partir du 1er novembre ?
Du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027 inclus, l’exécution forcée de la plupart des expulsions locatives est suspendue. Les procédures judiciaires peuvent néanmoins se poursuivre et les loyers restent dus. Les exceptions prévues par la loi, notamment certaines occupations sans droit ni titre et certaines décisions de protection familiale, sont détaillées par Service-Public.
Pour les ménages confrontés aux premiers impayés, le réseau des agences départementales d’information sur le logement (ADIL) recommande de solliciter rapidement un conseil juridique et social. Sa campagne de prévention rappelle l’existence du numéro gratuit SOS Loyers Impayés, au 0 805 16 00 75. La Fondation propose également Allô Prévention Expulsion, au 0 805 299 049.
Pour l’association, le principal enjeu reste d’éviter qu’une difficulté de santé et une dette locative ne se renforcent mutuellement jusqu’à provoquer la perte du logement.
