La Grèce a franchi une étape législative dans la protection des mineurs en ligne. Le 23 octobre 2026, son Parlement a adopté un texte qui interdit l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans, avec une application prévue le 1er janvier 2027. Le changement intéresse aussi les familles françaises : les deux pays participent aux discussions européennes sur la vérification de l’âge, alors que l’interdiction générale votée en France cet été a été censurée.
Une interdiction votée, des contrôles confiés aux plateformes
Le registre officiel du Parlement grec confirme l’adoption du projet de loi le 23 octobre. Il le présentait encore parmi les textes votés en attente de publication au Journal officiel. Le gouvernement fixe son entrée en application au 1er janvier 2027, ce qui laisse aux services concernés un peu plus de deux mois pour se préparer.
Selon le ministère grec de la Gouvernance numérique, la mesure concerne les services de réseaux sociaux et distingue ces usages des communications privées et des outils éducatifs. La responsabilité de vérifier l’âge revient aux plateformes. Le gouvernement estime qu’une simple date de naissance déclarée lors de l’inscription ne suffit pas à faire respecter une limite d’âge.
Le vote a été acquis grâce à la majorité du parti conservateur Nouvelle Démocratie, sans soutien des autres formations. Reuters confirme la date d’application et les inquiétudes invoquées par les autorités concernant la sécurité et le bien-être des mineurs. Les effets réels du dispositif sur les pratiques numériques devront être observés après sa mise en œuvre.
Vérifier l’âge sans transmettre toute son identité
Le point le plus concret pour les parents et les adolescents tient à la méthode de contrôle. Athènes met en avant Kids Wallet, un outil permettant d’attester le franchissement d’un seuil d’âge. D’après le ministère, la vérification doit communiquer uniquement l’information nécessaire — l’utilisateur satisfait-il ou non à l’âge requis ? — et préserver la possibilité de corriger une erreur. Le gouvernement ne présente pas une technologie unique comme obligatoire.
La Grèce travaille avec six autres États membres, dont la France, sur une solution européenne. La Commission européenne a annoncé au printemps qu’une application de vérification de l’âge était prête à être déployée. Elle permettrait de prouver qu’un seuil est atteint sans communiquer aux sites l’ensemble des données figurant sur un document d’identité. Les États peuvent l’utiliser seule ou l’intégrer à leurs portefeuilles d’identité numérique.
Pour les familles, cette évolution déplace une partie de la responsabilité technique vers les opérateurs des réseaux sociaux. Les modalités pratiques d’identification et de contrôle détermineront cependant la facilité d’utilisation du système, sa fiabilité et le niveau de confidentialité effectivement offert.
En France, une interdiction générale a été censurée en août
Le parallèle avec la France est direct, mais les situations juridiques diffèrent. Le Parlement français avait adopté en juillet une interdiction générale des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Dans sa décision du 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a censuré l’article qui instaurait cette mesure.
Les juges ont retenu deux difficultés : la portée générale de l’interdiction, qui ne tenait pas suffisamment compte des risques propres aux services ni de la situation des mineurs, et l’absence de garanties légales précises entourant la preuve de l’âge exigée de tous les utilisateurs, y compris les adultes. Le vote grec ne modifie donc pas les règles applicables aux familles vivant en France. Il offre en revanche un nouvel exemple européen de la manière dont les pouvoirs publics cherchent à encadrer l’accès des enfants aux plateformes.
Une échéance européenne pour les familles et les plateformes
Le calendrier grec donne désormais un point de comparaison précis : le 1er janvier 2027, les services concernés devront appliquer une limite d’âge sur le marché grec. Les autorités souhaitent s’appuyer sur les mécanismes de coopération du règlement européen sur les services numériques, tandis que les discussions sur de nouvelles règles communes se poursuivent.
Le débat porte à la fois sur la protection des enfants, la place des parents et le traitement des données personnelles. Pour les foyers français, les prochaines décisions nationales et européennes compteront davantage que la seule annonce d’un seuil : elles préciseront quels services sont concernés, comment l’âge sera attesté et quelles garanties accompagneront ce contrôle.