Le projet de loi du Budget 2026 a connu un véritable coup de théâtre : l’une de ses mesures les plus controversées, l’augmentation du nombre de jours de carence dans la fonction publique, a été retirée, confirme Moneyvox. La suppression de l’article en cause figure dans la liste d’amendements dévoilée par le média Contexte, et elle a été présentée comme l’une des concessions faites par le gouvernement face à la menace d’une censure parlementaire.
Pourquoi c’était si contesté : les chiffres parlent
Au départ, le texte prévoyait d’aligner la fonction publique sur le privé en portant les jours de carence de 1 à 3 jours pour les agents publics. Aujourd’hui, les fonctionnaires ont 1 jour de carence. Le gouvernement avançait une économie de 900 millions d’euros par an, selon les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas). Mais la mesure a rapidement déclenché de vives critiques.
Ses opposants l’ont qualifiée d’ »alignement fallacieux ». Ils font valoir que « près de 70 % des salariés du privé sont en réalité couverts par leur entreprise dès les premiers jours d’absence », ce qui rend la comparaison peu pertinente. Ils dénoncent aussi une injustice sociale : l’augmentation « pénalise avant tout les agents les plus modestes », pour qui chaque jour non indemnisé représente une perte réelle.
Ce que ça change politiquement et au niveau institutionnel
Pour faire passer plusieurs volets du budget, le gouvernement a eu recours à deux reprises à l’article 49.3 de la Constitution. Malgré ces mesures, des compromis ont été nécessaires pour éviter une censure parlementaire. C’est dans ce cadre que la suppression de l’article sur les jours de carence a été jugée indispensable pour permettre l’adoption du Budget 2026.
Cette concession traduit aussi la force de l’opposition qui s’est levée contre la mesure. Les études citées par les auteurs de l’amendement montrent qu’augmenter les jours de carence n’a pas forcément l’effet attendu et pourrait même allonger certains arrêts maladie, exacerbant le déséquilibre démographique.



