À mi-novembre, près de huit millions de Français ont déjà reçu une injection contre la grippe. Une dynamique en nette progression par rapport à l’année précédente, portée par l’implication massive des pharmacies. Mais malgré ce démarrage encourageant, la couverture vaccinale reste en deçà des objectifs sanitaires.
Une saison qui démarre en trombe
Le 14 octobre 2025, la campagne nationale de vaccination contre la grippe a été lancée en France, visant en priorité les populations dites à risque. En un peu plus d’un mois, les chiffres montrent un engagement significatif. Au 20 novembre, 7 932 585 doses ont été injectées, contre 6 542 638 à la même date en 2024, soit une progression de 21 %. Selon la Direction générale de la santé, relayée par TF1 Info, « déjà plus de 8 millions d’injections de vaccin anti-grippal [ont été] réalisées depuis le 14 octobre ».
Ce rythme accéléré témoigne d’une sensibilisation plus marquée du public face à la grippe, notamment dans un contexte d’épidémie annoncée comme particulièrement précoce et potentiellement plus virulente. Les autorités sanitaires s’attendent en effet à une circulation plus rapide du virus, avec l’émergence d’une nouvelle souche de type A(H3N2), sous-clade K, qui pourrait intensifier la saison. Un scénario épidémique qui appelle à maintenir l’effort de vaccination dans les semaines à venir.
Les pharmacies, moteur de la campagne
L’un des facteurs clés de cette accélération est sans conteste le rôle croissant joué par les pharmacies dans l’accès au vaccin contre la grippe. Après seulement 33 jours de campagne, 8,4 millions de doses avaient été délivrées en officine, et les deux tiers ont été injectés directement sur place. Jamais les pharmaciens n’avaient autant participé à une campagne de vaccination. Cette logistique de proximité a permis à de nombreux Français d’être immunisés rapidement, sans rendez-vous et souvent dans leur quartier. Résultat : plus de cinq millions de Français ont été vaccinés en pharmacie, un record.
Ce succès est également attribuable à l’élargissement des conditions d’éligibilité. Les publics concernés restent les mêmes – personnes de 65 ans et plus, malades chroniques, femmes enceintes, personnes souffrant d’obésité ou immunodéprimées – mais la facilité d’accès dans les officines a permis d’atteindre davantage de citoyens. La prise en charge intégrale du vaccin pour ces publics cibles, rappelée par Ameli.fr, a sans doute aussi contribué à ce bon résultat initial.
Une couverture encore insuffisante
Pour autant, les taux de couverture restent loin des objectifs. Selon les dernières données du ministère de la Santé, la campagne 2024-2025 a atteint 46,5 % de couverture vaccinale chez les personnes à risque, et 53,7 % chez les plus de 65 ans. Des chiffres encore bien en dessous des 75 % recommandés par l’Organisation mondiale de la santé pour ces populations. Alors que le virus semble muter plus rapidement et que la précocité de la circulation virale inquiète les experts, cette couverture partielle pourrait se révéler insuffisante pour protéger efficacement les segments les plus vulnérables de la population.
En dépit de la forte mobilisation des pharmacies, les professionnels de santé, médecins généralistes et infirmiers restent essentiels pour atteindre des publics moins enclins à se rendre en officine ou souffrant de pathologies spécifiques nécessitant un suivi médical personnalisé. De plus, la campagne actuelle se heurte à une forme de fatigue vaccinale post-Covid. Malgré les rappels, notamment de Santé publique France, l’adhésion à la vaccination contre la grippe reste inégale selon les territoires et les tranches d’âge.
