Le 1er mars 2026 marque le lancement de Mars Bleu, mois national consacré au cancer colorectal. À cette occasion, la Ligue contre le cancer déploie une nouvelle vague de sa campagne choc intitulée « Va chier ». Le message est abrupt, certes, mais il cible un problème identifié : malgré un test rapide et indolore, la participation au dépistage du cancer colorectal reste insuffisante en France.
Un fardeau sanitaire massif et évitable grâce au dépistage
Chaque année, environ 47 000 nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués en France. Dans le même temps, près de 17 000 décès sont recensés annuellement. Le cancer colorectal demeure l’un des principaux fléaux oncologiques du territoire. Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme et le troisième chez l’homme, et il concerne autant les hommes que les femmes. Ces chiffres illustrent l’ampleur du phénomène et justifient l’intensité des campagnes de dépistage. Pourtant, et malgré ces statistiques alarmantes, le cancer colorectal peut être soigné dans 90 % des cas lorsqu’il est détecté précocement.
Or, le dépistage organisé s’adresse aux personnes âgées de 50 à 74 ans, comme le rappelle la Ligue contre le cancer dans une publication datée du 25 février 2026. Le test immunologique, à réaliser chez soi, permet de détecter la présence de sang invisible dans les selles, signe possible de polypes bénins susceptibles d’évoluer en cancer colorectal. Ainsi, le dépistage constitue une stratégie préventive majeure, d’autant plus que le kit est gratuit et à renouveler tous les deux ans.
Cancer colorectal : « Va chier », une campagne pour briser le blocage psychologique du dépistage
Si le cancer colorectal tue encore autant, ce n’est pas faute d’outil de dépistage. Le véritable obstacle, selon les acteurs de la prévention, serait d’ordre psychologique. TF1 Info rapporte le 25 février 2026 que si les gens ne réalisent pas le test, c’est avant tout pour une raison mentale, liée à la gêne ou au déni. En effet, manipuler un échantillon de selles demeure tabou pour une partie de la population, ce qui freine l’adhésion au dépistage du cancer colorectal.
C’est dans ce contexte que la Ligue contre le cancer assume un slogan volontairement provocateur. « L’objectif ? Briser les tabous et inciter les 50-74 ans à réaliser leur test de dépistage », écrit l’organisation dans la présentation de la campagne 2026. La Ligue explique que la seule façon de se faire dépister contre ce cancer « c’est depuis ses toilettes ». Par conséquent, la campagne joue sur l’humour cru pour banaliser l’acte et encourager le dépistage du cancer colorectal.
Un dépistage simple, mais une participation encore trop faible
Malgré la simplicité du dispositif, les taux de participation restent bas. Selon la Ligue contre le cancer, deux tiers des personnes invitées au dépistage ne réalisent pas le test. À l’échelle nationale, le taux de participation atteint seulement 29,6 %, d’après la Ligue contre le cancer dans une publication du 25 février 2026. Le test immunologique, pourtant, est décrit comme simple, rapide et indolore.
Il peut être commandé en ligne ou retiré auprès d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un gastro-entérologue. Recevez votre kit de dépistage : demandez-le en ligne à monkit.depistage-colorectal.fr ou récupérez-le directement en pharmacie, indique ainsi la Ligue contre le cancer. Il s’effectue à domicile, sans régime préalable ni contrainte majeure. Dès lors, le dépistage du cancer colorectal apparaît comme un geste accessible, dont l’efficacité repose essentiellement sur l’adhésion collective. En misant sur la provocation verbale et la visibilité médiatique, la campagne « Va chier » cherche précisément à transformer une gêne intime en réflexe de santé publique.
