Si les jeunes ne veulent pas s’investir dans ce milieu, la profession disparaîtra, selon l’avertissement de Gonzalo Flores Martín, maçon autoentrepreneur originaire de Velascálvaro, un village de la province de Valladolid, dans des déclarations accordées à EL ESPAÑOL de Castilla y León.
À 41 ans, cet homme qui se décrit comme humble, travailleur et très attaché à sa famille a construit son parcours à la force du poignet, sans jamais quitter son village natal, raconte El Espanol. Il y a grandi en jouant dans la rue, dit-il, comme tous les enfants de son époque. Il consacre son temps libre à la chasse au lévrier et aux sorties à vélo entre amis.
De la bodega au chantier
Son parcours professionnel a commencé tôt. Dès ses étés d’adolescent, il travaillait dans des usines de traitement de pommes de terre de son village. Il est ensuite passé par une cave viticole, où il participait à la mise en bouteille du vin. Mais déjà, pendant ces années en bodega, des travaux de bâtiment lui tombaient dessus : façades à refaire, plâtre à poser dans des maisons du coin.
Entre 30 et 38 ans, il a mené les deux activités de front, cumulant son emploi à la cave avec des chantiers de maçonnerie et de plâtrerie. Il a fini par trancher et s’est consacré entièrement à la construction. En mars 2026, il a lancé sa propre entreprise, baptisée simplement « Gonzalo Flores ».
Il a choisi le statut d’autoentrepreneur pour ne pas se retrouver à travailler du lundi au dimanche, un choix qu’il assume pleinement.
L’entreprise réalise des travaux de maçonnerie, des revêtements de mortier monocouche et de plâtre, ainsi que des rénovations de logements, le plus souvent de petite envergure. Un autre travailleur, déclaré officiellement, l’accompagne au quotidien sur les chantiers.
Côté finances, Gonzalo Flores affiche des revenus confortables : entre 3 000 et 4 000 euros par mois, pour des charges qui se situent entre 800 et 1 000 euros. Mais il n’épargne pas le fisc espagnol, qu’il accuse de rogner la moitié de ce qu’il gagne.
Il résume, dans son entretien à EL ESPAÑOL de Castilla y León, qu’on gagne bien sa vie si on travaille, mais que c’est un métier dur, et que le problème survient quand le fisc arrive et prend la moitié de ce qu’on gagne.
Il manque, selon lui, pas mal de professionnels dans la construction, un métier qu’il juge indispensable partout. Cette alerte, précise le texte, rejoint celle de nombreux professionnels plus expérimentés, qui la formulent depuis longtemps.
Aux jeunes générations, le maçon adresse un message sans détour. Il estime qu’ils ne sont « pas habitués à étudier ni à travailler » et qu’ils « ne supportent pas un travail dur ». Sa recommandation tient en deux options : travailler ou étudier, plutôt que de rester inactif toute la journée. Il affirme que l’avenir, si on travaille, est bon, mais que si on reste à attendre les aides, on va mal vivre.
Pour lui, la constance reste la condition pour durer dans ce métier qu’il juge exigeant mais rémunérateur. Il résume que l’on peut en vivre si on est constant, à condition d’aimer vraiment le secteur du bâtiment.

