L’enquête sanitaire autour du hantavirus détecté à bord du MV Hondius progresse en Argentine. À Ushuaïa, dans la province de Terre de Feu, des scientifiques ont capturé environ 150 rongeurs pour analyser leur éventuel rôle dans la circulation du virus. Cette mission de terrain s’inscrit dans l’investigation ouverte après les contaminations observées sur le navire parti d’Ushuaïa le 1er avril 2026. Les chercheurs veulent désormais savoir si des espèces locales peuvent transmettre la souche Andes du hantavirus, connue pour provoquer des formes pulmonaires graves.
Hantavirus : une mission scientifique déployée à Ushuaïa
Le dispositif mis en place autour d’Ushuaïa mobilise des biologistes du prestigieux institut Malbrán, organisme public argentin spécialisé dans les maladies infectieuses. Les équipes ont installé près de 150 pièges métalliques dans plusieurs zones forestières proches de la ville australe. Les captures doivent permettre de réaliser des prélèvements sanguins et des analyses virologiques approfondies. Aucun rat à longue queue, considéré comme le principal vecteur de la souche Andes du hantavirus, n’avait toutefois été identifié au moment des premières opérations de terrain.
Cette enquête revêt une dimension stratégique pour les autorités argentines. En effet, Ushuaïa n’avait jusqu’ici jamais enregistré de cas officiels de hantavirus, alors même que la maladie circule dans certaines régions du sud de l’Argentine et du Chili. Selon Reuters, le ministère argentin de la Santé a ordonné cette campagne de captures après la découverte d’un foyer infectieux à bord du MV Hondius. Le navire transportait environ 150 touristes internationaux lorsqu’une série de contaminations est apparue durant la traversée. Plusieurs passagers avaient développé des symptômes sévères, tandis que trois décès avaient déjà été recensés.
Ushuaïa au cœur des interrogations après le foyer du Hondius
L’enquête sanitaire tente désormais de retracer avec précision le parcours des premiers patients contaminés par le hantavirus. Selon Reuters, un couple néerlandais ayant voyagé en Argentine et au Chili avant d’embarquer sur le Hondius figure parmi les premiers cas identifiés. Les autorités argentines analysent donc les déplacements des voyageurs afin d’identifier un éventuel lieu d’exposition au virus. Plusieurs médias internationaux, dont El País et Associated Press, évoquent notamment des visites dans des zones naturelles fréquentées par des rongeurs sauvages.
La situation intrigue fortement les spécialistes car la province de Terre de Feu se situe à environ 1 500 kilomètres au sud des zones traditionnellement associées au rat à longue queue porteur du hantavirus andin. Associated Press souligne toutefois qu’une sous-espèce locale du rongeur existerait dans cette région australe, sans que sa capacité de transmission n’ait encore été scientifiquement démontrée. Cette hypothèse explique l’ampleur des opérations conduites autour d’Ushuaïa. Selon TV5 Monde, jusqu’à 150 pièges ont été installés dans des espaces naturels, notamment dans le parc national de la Terre de Feu, vaste territoire de 70 000 hectares situé à une quinzaine de kilomètres de la ville.
Le hantavirus reste une maladie particulièrement surveillée par les autorités sanitaires internationales. Selon l’Institut national néerlandais de santé publique, le RIVM, la souche identifiée à bord du Hondius correspond bien au virus Andes, l’une des variantes les plus dangereuses recensées sur le continent américain. Le RIVM précisait le 6 mai 2026 que cette forme du hantavirus peut entraîner « une forte fièvre et des problèmes respiratoires » avant d’évoluer vers « de graves complications pulmonaires et cardiaques ». L’organisme rappelait également que la létalité du virus Andes peut atteindre entre 30 % et 50 % des cas graves.
Des analyses très attendues par les autorités sanitaires
Les résultats des analyses menées sur les rongeurs capturés à Ushuaïa sont désormais très attendus. Les scientifiques argentins n’ont pour l’instant trouvé aucun élément permettant de confirmer la présence du virus dans les spécimens collectés. Toutefois, les examens biologiques complets pourraient nécessiter plusieurs jours supplémentaires. Les autorités sanitaires cherchent notamment à savoir si le hantavirus circulait discrètement dans cette région australe avant l’apparition du foyer du Hondius.
L’épisode du MV Hondius a également relancé les discussions internationales autour du potentiel de transmission interhumaine du hantavirus Andes. Cette variante constitue une exception parmi les hantavirus car elle peut parfois se transmettre entre humains dans des situations de contacts étroits prolongés. Cette caractéristique explique l’importante opération mondiale de traçage engagée après la découverte des cas à bord du navire. Plusieurs pays européens ainsi que l’Afrique du Sud ont été mobilisés afin de suivre les passagers et leurs proches après le débarquement du bateau.
En Argentine, les autorités tentent parallèlement d’éviter toute panique autour d’Ushuaïa, destination touristique majeure de Patagonie. Les responsables locaux contestent pour l’instant l’idée selon laquelle la ville serait l’origine du foyer infectieux. Les investigations se poursuivent donc avec prudence, tandis que les chercheurs analysent les prélèvements réalisés sur les 150 rongeurs capturés. Selon Reuters, le ministère argentin de la Santé considère néanmoins cette enquête comme essentielle afin de mieux comprendre la circulation éventuelle du hantavirus dans les zones australes du pays.

