Le lundi 11 mai 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a confirmé sur France Inter qu’un premier cas positif de Hantavirus avait été détecté en France parmi les cinq ressortissants rapatriés depuis Tenerife après l’apparition d’un foyer épidémique à bord du navire d’expédition MV Hondius. Ce virus, surveillé depuis plusieurs jours par les autorités européennes, mobilise désormais Matignon, les agences régionales de santé et plusieurs spécialistes de l’épidémiologie infectieuse.
Une patiente française testée positive après une dégradation rapide
Le hantavirus a conduit les autorités françaises à placer cinq voyageurs dans une unité spécialisée de l’hôpital Bichat, à Paris. Selon RTL, l’une des patientes a vu son état se détériorer durant la nuit précédant son diagnostic positif. Stéphanie Rist a déclaré : « Sur les cinq Français rapatriés et placés à l’isolement à Paris, l’état de santé d’une femme s’est « malheureusement dégradé cette nuit » et les « tests sont revenus positifs » ». Cette déclaration a été diffusée par RTL le 11 mai 2026 après son intervention sur France Inter. Le gouvernement a également précisé que les quatre autres personnes hospitalisées seront soumises à de nouveaux tests PCR dans les prochaines heures.
Le Hantavirus identifié dans cette affaire correspond à la souche Andes, déjà étudiée en Amérique du Sud après plusieurs épisodes mortels. Cette variante présente un taux de létalité compris entre 20 % et 40 %. Le biologiste argentin Raúl González Ittig a expliqué à l’AFP, dans des propos relayés par RTL le 11 mai 2026 : « l’isolement des malades mis en place sans délai interrompt rapidement la chaîne de transmission ». Il a également rappelé que « le risque de pandémie d’hantavirus est bien moindre » que celui du Covid-19 en raison de la rapidité d’évolution clinique du virus. Trois décès liés au foyer du MV Hondius ont déjà été recensés parmi les passagers du bateau selon plusieurs médias européens.
Hantavirus : 22 cas contacts recensés et une quarantaine portée à 42 jours
Face au Hantavirus, le ministère de la Santé a ordonné une stratégie de traçage renforcée. Les autorités françaises ont recensé 22 cas contacts, principalement identifiés parmi des passagers ayant partagé des vols internationaux avec les personnes rapatriées. Selon Reuters, ces contacts concernent notamment des trajets effectués entre Sainte-Hélène, Johannesburg, Amsterdam et Paris. Les agences régionales de santé ont été chargées d’assurer un suivi quotidien des personnes concernées. Le gouvernement français veut désormais « briser les chaînes » de transmission, selon la formule employée dans un article du Monde.
Le Hantavirus a également conduit l’exécutif à publier un décret exceptionnel au Journal officiel. Celui-ci prévoit une quarantaine totale pouvant atteindre 42 jours pour les personnes exposées au virus. D’après RTL, les cinq Français hospitalisés resteront placés sous surveillance médicale stricte dans des chambres à pression négative. Le Dr Gérald Kierzek a indiqué à Doctissimo le 11 mai 2026 : « La France a mis en place une quarantaine hospitalière de 72 heures puis un isolement à domicile avec suivi pendant 42 jours pour les rapatriés ». Il a ajouté qu’« un contact rapproché avec un cas suspect ou confirmé justifie des mesures temporaires de précaution ». Cette durée de surveillance correspond à la période maximale d’incubation actuellement retenue pour la souche Andes du virus.
Le gouvernement tente d’éviter toute comparaison avec le Covid-19
Le Hantavirus provoque désormais plusieurs réunions de crise au sommet de l’État. Une nouvelle réunion interministérielle s’est tenue à Matignon le lundi 11 mai à 16 h 15 sous l’autorité du Premier ministre Sébastien Lecornu. Étaient présents la ministre de la Santé Stéphanie Rist, le directeur général de la santé, le directeur général de l’ARS Île-de-France ainsi que plusieurs experts scientifiques. Une seconde rencontre avec des épidémiologistes de l’Institut Pasteur, de l’AP-HP et du Comité consultatif national d’éthique devait ensuite se dérouler à 19 h 30. Le gouvernement insiste sur le fait qu’il s’agit d’« un virus que l’on connaît », selon les mots de la porte-parole Maud Bregeon sur BFMTV.
Le Hantavirus suscite cependant une inquiétude croissante dans l’opinion publique en raison de sa létalité potentielle et de sa transmission interhumaine limitée mais documentée. Les autorités sanitaires françaises tentent donc de différencier clairement cette crise de celle du Covid-19. Dans un entretien relayé par RTL, le biologiste Raúl González Ittig a expliqué : « Un virus qui tuerait « 50% de la population décimerait celle-ci rapidement, le priverait d’occasions de se propager » ». De son côté, le Dr Gérald Kierzek a rappelé à Doctissimo : « La souche Andes inquiète parce qu’elle peut se transmettre entre humains dans certaines conditions, mais la transmission reste limitée aux contacts étroits ». Selon Reuters, la France dispose actuellement de stocks suffisants de masques et de tests pour faire face à une éventuelle multiplication des cas liés à ce virus.
