Antiobésité : l’ANSM intensifie la traque des ventes illégales sur Internet

L’Agence nationale de sécurité du médicament tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : des produits dits antiobésité, largement diffusés sur Internet, exposent les consommateurs à de graves risques. Malgré les interdictions en vigueur, certains traitements détournés circulent toujours en ligne, hors de tout cadre médical et réglementaire.

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Antiobésité : l’ANSM intensifie la traque des ventes illégales sur Internet
Antiobésité : l’ANSM intensifie la traque des ventes illégales sur Internet © Social Mag

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a lancé, ce mercredi 19 novembre, une nouvelle offensive contre la prolifération de produits antiobésité vendus illégalement en ligne. Cette alerte, qui s’inscrit dans une série d’actions entamées depuis plusieurs mois, met en lumière la persistance d’un trafic international de substances non autorisées, souvent commercialisées comme traitements amaigrissants. Les autorités sanitaires pointent notamment la diffusion frauduleuse de médicaments de la classe des aGLP-1, promus pour leurs effets sur la perte de poids.

Des traitements « antiobésité » dévoyés : un phénomène inquiétant

Longtemps réservés à la prise en charge médicale de l’obésité ou du diabète de type 2, les analogues du GLP-1 — dits aGLP-1 — ont vu leur usage déraper vers des objectifs esthétiques, bien au-delà des recommandations. Ces médicaments, tels que Wegovy (sémaglutide), Mounjaro (tirzépatide) ou Saxenda (liraglutide), sont pourtant strictement encadrés : leur délivrance en pharmacie requiert une prescription médicale adaptée à l’état de santé du patient. Selon l’ANSM, toute vente ou promotion de ces traitements antiobésité en dehors du circuit pharmaceutique est illégale.

Or, de nombreux sites, souvent hébergés à l’étranger, continuent de vanter les effets amaigrissants de ces produits, les rendant facilement accessibles sans avis médical. Une dynamique dopée par les réseaux sociaux, où certaines personnalités n’hésitent pas à recommander ces molécules pour « perdre quelques kilos », sans mesurer les conséquences sanitaires. L’ANSM alerte : ces usages détournés ne sont pas sans risque, en particulier lorsqu’ils concernent des produits achetés en ligne, hors de tout contrôle.

Réaction des autorités : une nouvelle série de mesures fermes

Le 19 novembre, l’ANSM a annoncé avoir identifié sept sites Internet commercialisant illégalement des produits présentés comme analogues du GLP-1. Ces plateformes sont liées à deux sociétés basées à Hong Kong, « Hamjouy Limited » et « Zongest Limited », déjà connues pour des pratiques similaires. L’ANSM a immédiatement suspendu « la mise sur le marché, la distribution, la détention en vue de la vente, l’importation, l’exportation, l’exploitation et la publicité » de ces produits, selon son communiqué relayé par Le HuffPost.

L’ANSM rappelle également que « la vente et la promotion sans autorisation de médicaments aGLP-1 sur Internet est illégale », en particulier lorsqu’ils sont proposés comme des traitements antiobésité. Pour renforcer la vigilance, elle appelle les internautes à signaler tout site suspect via la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur. L’agence a par ailleurs renforcé ses contrôles douaniers, en collaboration avec les autorités européennes et Interpol, afin de démanteler les filières de contrefaçon pharmaceutique.

Un risque sanitaire majeur : produits contrefaits, substances inconnues

Les dangers liés à ces produits antiobésité vendus illégalement sont multiples. Dans certains échantillons analysés, l’ANSM n’a trouvé « ni trace d’aGLP-1 ni aucune autre substance à visée amaigrissante », indiquait PourquoiDocteur.fr le 19 novembre 2025. Ces patchs, comprimés ou flacons ne répondent à aucune norme de qualité, de sécurité ou d’efficacité, et leur composition réelle demeure souvent inconnue.

Ces effets vont de simples troubles digestifs à des complications cardiovasculaires, voire des intoxications aiguës, lorsque la formulation inclut des substances non identifiées ou mal dosées. L’agence souligne que ces traitements ne doivent en aucun cas être utilisés « à des fins esthétiques pour perdre du poids hors situation d’obésité », comme rappelé dans sa communication officielle mise à jour le 18 novembre.

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