Le 13 février 2025, Christophe Naegelen, député du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT), a déposé une proposition de loi à l’Assemblée nationale. Son idée ? Offrir un trimestre de cotisation retraite aux bénévoles qui ont occupé des fonctions dirigeantes dans leurs associations pendant au moins huit ans.
Le rôle des associations en France
En France, les associations jouent un rôle central dans la vie quotidienne. Elles contribuent à tisser du lien social et à soutenir les personnes en difficulté. Aujourd’hui, 12,5 millions de Français, soit une personne sur quatre, sont impliqués dans le bénévolat. Pourtant, cet investissement n’est reconnu ni par le fisc ni par le système de retraite. La proposition de Christophe Naegelen pourrait changer la donne.
Les personnes occupant des postes comme présidents, vice-présidents, trésoriers ou secrétaires d’association pourraient ainsi valider un trimestre en plus, s’ils ont assuré ces responsabilités pendant au moins huit ans.
Les défis financiers et critiques
Cette proposition n’est pas sans soulever des questions, notamment sur son financement. Offrir des trimestres supplémentaires représente un coût pour les caisses de retraite, similaire à la suppression du malus Agirc-Arrco qui a amélioré le pouvoir d’achat des retraités. (Alors que le système de retraite est déjà bien sollicité, un trimestre « gratuit » pourrait signifier payer plus longtemps une pension sans les cotisations correspondantes.)
Par ailleurs, la mesure est critiquée pour son accès limité. Elle bénéficie uniquement aux bénévoles occupant un poste de direction dans une association, ce qui laisse de côté les simples membres et d’autres bénévoles qui œuvrent aussi de manière significative. (Cette situation crée une disparité entre différents types de bénévoles.)
Comparaisons internationales et cadre actuel
Cette initiative arrive alors que la réforme des retraites de 2023 a vu l’âge légal de départ repoussé à 64 ans et impose aux actifs de cotiser 172 trimestres pour obtenir une pension à taux plein. Comparée à d’autres pays européens comme l’Allemagne et l’Italie, la France met du temps à intégrer l’engagement associatif dans son retraite progressive. Par exemple, en Allemagne, un dispositif similaire existe pour les aidants familiaux, alors qu’en Italie, les bénévoles bénéficient d’avantages fiscaux.
Si la loi est adoptée, ce serait une première en France : une reconnaissance officielle de l’engagement bénévole dans le calcul des pensions. Cette mesure pourrait également compenser le recul du bénévolat observé depuis la crise sanitaire, qui a rendu le recrutement dans les associations plus compliqué.
Vers une reconnaissance du bénévolat
L’adoption de cette proposition pourrait marquer un tournant pour reconnaître le travail de ceux qui donnent d’eux-mêmes. Cette initiative pose la question de la façon dont notre société valorise l’engagement volontaire et ouvre la porte à une réflexion plus poussée sur l’intégration du travail bénévole dans nos dispositifs sociaux et économiques actuels.




