Le système de retraite néerlandais est souvent mis en avant pour son bon fonctionnement et sa solidité. Des experts du cabinet Mercer le qualifient même de « meilleur du monde ». En combinant sécurité financière et stabilité, il propose une solution intéressante à une époque où le vieillissement de la population met sérieusement à l’épreuve les systèmes de pension traditionnels. Comprendre son fonctionnement peut inspirer d’autres pays qui font face à des défis similaires.
Les trois piliers du système néerlandais
Le système repose sur trois piliers complémentaires. Le premier est la pension d’État de base (AOW), versée à tout le monde dès 67 ans. Pour une personne seule, cette pension atteint 1 350 € par mois, garantissant ainsi un revenu minimum pour tous.
Le deuxième pilier, c’est la retraite professionnelle organisée par un système de capitalisation collective géré par des fonds de pension. Ces derniers représentent le « gros morceau » du système et offrent une protection financière solide grâce à une gestion professionnelle surveillée par les syndicats et le gouvernement.
Enfin, le troisième pilier permet à chacun d’épargner personnellement pour compléter sa retraite. Cette approche encourage à « mettre de côté pour sa retraite, mais sans jouer les traders fous », comme on dit souvent aux Pays-Bas.
La force des fonds de pension néerlandais
En 2023, les fonds de pension néerlandais contaient la somme impressionnante de 1 500 milliards d’euros – soit environ deux fois le Produit Intérieur Brut des Pays-Bas. Cette somme énorme témoigne à la fois de la solidité financière du système et de la confiance qu’il inspire aux Néerlandais.
Les droits de retraite y sont ajustés en fonction des performances des fonds, assurant une flexibilité tout en maintenant des règles claires et stables. Cette transparence participe à la longévité du système et renforce la confiance des participants.
Comparaison avec le modèle français
En France, le système repose surtout sur un mécanisme de retraite par répartition dans lequel les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités. Ce modèle est confronté à des difficultés, notamment à cause du déséquilibre grandissant entre le nombre d’actifs et celui des retraités, ce qui rend la réforme des retraites incontournable.
À l’inverse, le système néerlandais combine solidarité publique et capitalisation collective. Aux Pays-Bas, cette méthode est perçue comme rassurante et rentable, allégeant ainsi la charge financière pour l’État.
Culture et perception de la capitalisation
La façon de voir les choses joue un rôle important dans l’acceptation ou le rejet d’un modèle social ou économique. En France, la capitalisation est souvent vue sous un jour négatif, associée aux crises financières et considérée comme injuste. Aux Pays-Bas, elle évoque plus l’idée de sécurité et suscite la confiance parmi les citoyens.
Ce contraste explique qu’il serait délicat pour la France d’adopter directement le modèle néerlandais sans un changement marqué dans sa manière de concevoir l’économie et la solidarité sociale. Les risques liés à la capitalisation, comme ceux constatés lors des faillites ou quasi-faillites de certains fonds américains, renforcent également cette méfiance.
Quelques chiffres révélateurs
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un retraité néerlandais reçoit en moyenne une pension qui représente 93,2 % de son ancien salaire, contre 70,1 % en France. Ces statistiques montrent bien l’efficacité du modèle néerlandais pour maintenir un niveau de vie proche de celui de la période active, comme le souligne Pascal Rabiller dans Sudouest.
Reproduire un tel modèle en France impliquerait non seulement une réorganisation complète du système, mais aussi un changement important dans la manière de penser. Face aux défis liés au financement des retraites dans le monde entier, il est utile d’examiner toutes les options afin de garantir une sécurité financière durable pour les retraités de demain.







