La vaccination contre les papillomavirus humains occupe désormais une place centrale dans la politique de prévention infectieuse en France : l’objectif affiché est d’atteindre une couverture de 80 % d’ici 2030 dans la population ciblée. Simultanément, la montée des infections à méningocoque ces dernières années impose un renforcement de la stratégie vaccinale chez les adolescents afin de protéger la tranche d’âge souvent plus exposée.
Une stratégie vaccinale inédite au collège
À partir du mois de janvier 2026, une nouvelle étape de la stratégie de santé publique sera déployée dans les établissements scolaires. Pour la première fois, deux vaccinations seront proposées simultanément aux collégiens de 5e et de 4e : celle contre les papillomavirus humains et celle contre les infections à méningocoques de type ACWY. Selon le ministère de la Santé, cette double vaccination sera offerte « dans les collèges publics et privés sous contrat volontaires, et dans les établissements médico-sociaux accueillant des jeunes de 11 à 14 ans ».
Le dispositif repose sur une administration conjointe : « les deux vaccinations peuvent être administrées lors d’une même séance de vaccination », précise le communiqué officiel. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Agence régionale de santé (ARS) confirme que la campagne s’adressera « aux 11-14 ans contre les papillomavirus humains (HPV) et les infections invasives à méningocoque (IIM) ». Cette action conjointe vise à rationaliser les moyens tout en maximisant la couverture vaccinale.
Papillomavirus : priorité à la prévention des cancers
Les papillomavirus humains touchent environ 80 % de la population au cours de la vie, selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. Ils sont responsables chaque année de près de 6 400 cancers, principalement du col de l’utérus, mais aussi de la sphère ORL ou de l’anus. Depuis 2007 pour les filles et 2021 pour les garçons, la vaccination contre le papillomavirus est recommandée en France chez les jeunes de 11 à 14 ans. Le vaccin est administré en deux doses, espacées d’au moins cinq mois.
Les effets de la première campagne scolaire en 2023-2024 sont encourageants. La couverture vaccinale chez les filles de 15 ans est passée de 54,6 % à 58,4 % en un an, tandis qu’elle a bondi de 25,9 % à 36,9 % chez les garçons. L’objectif fixé reste ambitieux : atteindre une couverture de 80 % à l’horizon 2030, dans le cadre de la stratégie décennale de lutte contre les cancers.
Méningocoques ACWY : la réponse à une recrudescence
L’élargissement de la campagne à la vaccination contre les méningocoques répond à une urgence épidémiologique. Les infections invasives à méningocoques peuvent causer des méningites ou des septicémies graves, parfois mortelles ou avec séquelles lourdes comme des amputations ou une surdité. « Depuis 2023, une augmentation importante des cas liés aux méningocoques de type W et Y est observée », alerte l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
En 2024, 616 cas ont été recensés, soit le chiffre le plus élevé depuis 2010. Le vaccin contre les sérogroupes A, C, W et Y est désormais recommandé entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 24 ans. L’intégration de cette vaccination au sein de la campagne scolaire permettra de toucher un plus grand nombre d’adolescents, souvent difficiles à capter dans les circuits médicaux classiques.
