L’arrivée de l’intelligence artificielle dans notre quotidien n’étonne plus personne. Mais une pratique inquiète : certains candidats utilisent l’IA pour tricher pendant les entretiens d’embauche en visioconférence. Très partagée sur des plateformes comme TikTok, cette tendance alerte recruteurs et services RH.
Quand l’IA s’invite aux entretiens
Des millions d’internautes publient sur TikTok des astuces pour utiliser ChatGPT afin de répondre aux questions posées en entretien. Une technique consiste à caler un smartphone contre l’écran pour lire discrètement des réponses générées en temps réel. Le compte @applicationintel a notamment mis en lumière la méthode avec une vidéo virale simulant un entretien où le recruteur demande à la candidate de partager son écran pour démasquer la ruse.
Des outils d’IA comme Final Round AI écoutent les entretiens en direct et proposent des réponses, alimentant le marché de la « triche assistée par algorithme ». LockedIn AI est une entreprise qui conseille les candidats sur « comment réussir n’importe quel entretien d’embauche », montrant l’ampleur du phénomène. Même Kazuyoshi Fujimoto de LockedIn AI reconnaît que son propre frère a obtenu un poste d’ingénieur à 469 000 $ (environ 433 000 €) grâce à l’IA.
Ce que ça change pour le recrutement
Le recours à l’IA pose des questions éthiques importantes. Des sociétés de ressources humaines parlent de « fraude à l’entretien ». Selon l’Observatoire de l’IA et du Futur de l’emploi, 77 % des chômeurs français utilisent l’IA pour améliorer leurs candidatures, ce qui met en péril l’intégrité du processus de recrutement. La Réserve fédérale a noté en septembre que 13 % des entreprises de service à New York prévoyaient des réductions d’effectifs, probablement au profit des agents IA.
Des travaux récents menés par Brian Jabarian (Université de Chicago) et Luca Henkel (Université de Rotterdam), publiés en août, montrent que les entretiens menés par IA augmentent de 12 % les chances d’obtenir une offre et de 18 % les chances d’être embauché. Près de 78 % des candidats préfèrent passer un entretien avec une IA plutôt qu’avec un responsable RH, ce qui illustre l’ampleur du phénomène.
Comment les entreprises réagissent
Certaines sociétés commencent à réagir. Amazon, par exemple, a récemment durci sa politique contre l’utilisation de l’IA par les candidats, confirme Le Figaro. Cisco et McKinsey recommandent de rencontrer les candidats en personne au moins une fois avant de prendre une décision finale, et le Wall Street Journal rapporte que l’IA pousse un retour des entretiens en présentiel.


